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Giuliano pebre d'ai - baouco - cabridan
09/08/2004
17:56

Chers Amis,

dans l’attente de reussir à me procurer un dictionnaire français-provençal - beaucoup plus difficile à obtenir, en Italie, qu’un dictionnaire de japonais ou de persan! - pourriez-vous me dire le correspondant en français de ces mots? Merci!

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Escaouprès Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
09/08/2004
18:23

Konbanwa, Guiliano



J’allais me coucher (il est une heure à Kyoto)

mais ces senteurs de garrigues sont irrésistibles!



pébra d’aigo = renouée âcre (c’est le vieux nom,je cherche le moderne et l’italien)

ne pas confondre avec le pébre d’âne = sarriette



Baouca ou Baouco = Petit chiendent [Agropyrum repens], en Italien = Gramigna ?

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Escaouprès Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
09/08/2004
18:32

Regarde ce lien sur la sarriette (Santoreggia), il est superbe... mais aïe! il y a une erreur classique dedans: il synonymise "pèbre d’aï et "pèbre d’âne", ce que les Provençaux de jadis distinguaient bien...



le vrai pèbre d’Aïe c’est une Renouée âcre et parfumée, assez rare que Manon allait chercher dans des coins reculés avec ses chèvres.



Je dois consulter mes notes car les dicos ne donnent que très peu de plantes provençales...







http://toildepices.free.fr/fr/plantes/angio_dic/lamiacee/satureja/montana.html"; target="_blank" target="_new">http://toildepices.free.fr/fr/plantes/angio_dic/lamiacee/satureja/montana.html;

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Escaouprès Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
09/08/2004
19:07

C’est une conspiration générale:

à part les sources provençales sérieuses (comme Aubanel), toutes les sources pratiques (cuisine, aromathérapie, vulgarisation médecine douce et exotisme provincial très à loa mode) synonymisent les deux noms sous "Sarriette", souvent même, ils donnent une traduction provençale erronée :

Satureia montana : synonymes: pébré d’aï (poivre d’âne)!



Aubanel (Lou Pichot tresor): Provençal/français

distingue jalousement:

"Pébra d’aigo" (poivre d’aïe)= renouée âcre,

mais ce nom français ne correspond à aucune des Renouées (genre Polygonatum) dans les flores,



et "pèbre d’ase" (poivre d’âne) = sarriette.



Il semble que cette synonymie viennent de FOURNIER, le grand botaniste français (1948) car tous les ouvrages de plantes que je possède recopient sa formule très exactement.



Fais pour le mieux, Sarrieta n’est pas une grande faute, car toutes ces plantes, souvent venues d’italie (Sarriette des jardin par exemple) ressemblent beaucoup au thym.

Il est très fréquent que les noms soient doubles ou triples dans les campagnes, comme pour le Taoumé...

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Escaouprès cabridan
09/08/2004
19:17

Cabridan (avec capitale) est un nom de personne, signifiant "marchand de viande de chèvre (agneau)



Sinon, il y a une plante qu’on lui dit "cabridoule"

mais pas de souvenir ce mot dans Pagnol.

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Escaouprès Re: pebre d'ai
10/08/2004
03:27

Mon cher Giuliano,



Voici ma conclusion pour une traduction du mot, car il s’agit bien, sur le terrain, mais pas dans le vocabulaire, de la sarriette.



1. laisser le mot patois (provençal francisé) tel quel, puisqu’il a déjà une résonnance "exotique" pour le lecteur français et doit restituer cette fierté paysanne qui est de nommer ses plantes comme le prénom de ses enfants.



2. Expliquer en NDT, la substance: Nom tiré du Provençal "pebre d’aigo" qui désignait à l’origine "la Ranuncolo acre" (en italien), pour devenir, par attraction et confusion, un synonyme vernaculaire de la "Santoreggia montana".

Car ce ne peut être que la sarriette sauvage que Pagnol fait allusion, car elle est toujours associée au civets de lapin.

-----

Le problème,(qui rappelle celui de l’identité des Bartavelles de Garlaban), est solutionné comme suit:

C’est à l’origine le nom provençal du "poivre d’eau", synonyme de Renoncule âcre, qui n’a aucun rapport avec l’aïl (Allium) ni avec le vrai poivre (ni le poivron), ni la Sarriette, et qui sont tous dans des genres bien distincts.

Le poivre d’eau est considéré comme "mauvaise herbe" et il est fort rare dans ces collines sèches de Provence, mais il a sans doute connu un usage en tant qu’épice.



C’est encore ici un "coq à l’âne" ou plutôt un "

"eau à l’âne", en passant par l’ail.



La confusion s’est sans doute faite dans les esprits par l’attraction du mot "pebre d’ase", ou sarriette sauvage, beaucoup plus commun et célèbre pour faisander le gibier, le lapin notamment. Puis, la ressemblance avec le mot "ail",incountournable au pays de l’aïoli, fit encouragée par une graphie coupable, "aigo" (pensez à la ville d’Aigues-mortes) transcrit en "aï".



Ainsi, peu à peu, l’homme s’éloignant de la nature, consomme et connaît de moins en moins son patrimoine et cède à la "pensée unique et savante". La langue reflète ce recul.

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Giuliano Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
10/08/2004
12:04

Très cher Escauoprès,

je suis - sans compliments - anéanti, et je ne connais autre façon de te remercier que de prier mon éditeur de placer, avant la nouvelle édition de La gloire, une note pour remercier toi et tous les amis de ce Forum pour les aides qu’ils m’ont donné (et que, j’espère, ils voudront me donner à l’avenir!). De plus, si tu voulais me donner ton adresse postale, je serais honoré de t’en envoyer un exemplaire.

Je voudrais en envoyer un autre exemplaire à Marseille, s’il y a un Centre d’Etudes sur Marcel Pagnol, ou quelque chose de semblable. Vous pouvez me reinsegner à l’égard?

A’ bientot’!

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Anonyme Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
10/08/2004
15:16

Bravo Escaouprès pour l’explication haute en saveur sur les Pebre d’Aï, d’Ase et la Sarriette !

En ce qui concerne la Baouco (Baouque) voici ce que j’ai trouvé. Ici, dans le Gard, le mot Baouque est très souvent employé pour désigner des herbes hautes et dures.



Baouco, fr.rég. baouque, « herbe sèche », « herbe fine qui pousse le long des murs », « brachypode » d’après Lhubac .



Ancien occitan balca" nom de diverses graminées", dans les patois occitans et franco-provençaux le type bauco désigne souvent des herbes à tige dure et c’est cette caractéristique qui a donné leurs noms aux plantes, p.ex. lang. bauco « laîche = une plante à feuilles coupantes à fleurs en épi et à fruits en capsule qui croit en touffes surtout au bord de l’eau , appelée aussi carex » suppose une origine gauloise *balcos « fort, dur ».



Il semble qu’en Provence le terme de Baouco désigne le Brachypodium retusum (c’est à dire le Brachypode rameux, appelé aussi Baouque, ou Herbe à mouton). Vous pouvez en voir une photo aux liens suivants :

http://sophy.u-3mrs.fr/photohtm/YI186.HTM"; target="_blank" target="_new">http://sophy.u-3mrs.fr/photohtm/YI186.HTM />
http://sophy.u-3mrs.fr/photohtm/XI368.HTM"; target="_blank" target="_new">http://sophy.u-3mrs.fr/photohtm/XI368.HTM />


En ce qui concerne Cabridan, ce mot est bien présent déjà dans Pagnol, puisque c’est un personnage de Manon des sources (sa femme s’appelle Aricie).

Ici, il s’agit sûrement aussi du nom d’une herbe (peut-être prisée par les chèvres ?) Quel est le passage où l’on trouve ces mots ? Je n’ai pas mon livre sous la main.

En espérant t’avoir aidé, Giuliano.

Amitiés.

J-J

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Escaouprès baouco
11/08/2004
03:00

Merci pour ces belles explications, cher Annonyme!



Je suis bien content de rendre hommage à ces plantes, discrètes et généreuses. Difficile en effet d’imaginer la vie sur terre sans ces précieuses graminées qui fournissent aux hommes le gîte, la couche et le couvert (le blé et le riz surtout, qui ont concouru à la formation du mot "richesse" dans beaucoup de langues, et même en argot français : avoir du blé, être fauché etc.)!



Tous les enfants de Provence (et du Midi sans doute) connaissent ces fines graminées en tapis très dense, pour s’y être vautré. C’est d’ailleurs une lointaine parente de la célèbre "Igusa" qui sert depuis des millénaires à fabriquer les tatamis japonais (dit par les poètes "gazon tué").

Ma maison ici est entièrement tatamisée, et je vis et dors donc en permanence sur une sorte de baouco, d’ailleurs plus vivante que morte puisqu’ il faut changer les tatamis tous les 5 à 10 ans.





J’ai enfin mis la main sur le Dictionnaire de Lhubac

(= Gilbert Lhubac, Dictionnaire francitan ou Le parler du Bas-Languedoc.Castries, Les éditions du Mistral, 2003. Les mots en français régional décrits viennent de la moyenne vallée de l’Hérault.)

un autre lien qui sera utile à tous les amoureux de la langue d’Oc :

http://www.atelierlatrouvaille.com/Languedocien/B.html"; target="_blank" target="_new">http://www.atelierlatrouvaille.com/Languedocien/B.html;

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Escaouprès Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
11/08/2004
03:30

Merci Giuliano,

Je t’envoie mon adresse par courriel.

Ma femme et moi avons traduit en japonais à l’occasion du centenaire "du poète des insectes, " Champignons" de Jean-Henri Fabre, qu’on doit trouver à l’Harmas de Sérignan, tellement il reçoit de pélerins japonais, déguisés en touristes, puisque Fabre est ici un "Dieu vivant".

Ce fut un travail monumental à cause des diagnoses des 221 aquarelles de champignons (je fus mycologue amateur), mais je vous avoue que ce livre épuisé, ne fut tiré qu’à 5000 ex vu son prix (Format A3,5kilogrammes, 1005 pages, environ 2500 Francs!) Heureusement, il nous a donné un immense plaisir pour tenter de rendre les chants de cigales et les parfums de provence de ces délicieux "Souvenirs entomologiques", dans la langue de Yamato.

Il ne m’en reste hélàs pas un seul exemplaire sous la main. Je serai donc ravi d’avoir votre livre, qui rend hommage, dans la belle langue italienne, à mon plus cher auteur.



Pour la baouco, et après les excellentes explications d’Anonyme, je ne crois pas faire injure à la science botanique de Lili, en suggérant de rendre baouco par l’équivalent en patoi italien pour "tapis d’herbe sèche", car je ne doute pas que les génois et italiens en général aient un mot de patois pour celà. Tous les méridionaux aiment se coucher dedans, alors...



Pour les dictionnaires provençaux et occitans sur la toile, voir ici :

http://www.lexilogos.com/provencal_langue_dictionnaires.htm"; target="_blank" target="_new">http://www.lexilogos.com/provencal_langue_dictionnaires.htm;

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Escaouprès Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
11/08/2004
03:57

Lou Cabridan est bien connu dans le folklore de Provence, danse de farandole (Alyscamps), la musique cadencée qui rappelle la chèvre et le lyrique correspondant.

Il a été traduit (ou possède un équivalent) en espagnol "El Cabrido". Nul doute que l’Italie, qui a inventé la musique, soit riche en expressions.

Dans Pagnol c’est un le nom d’un Personnage, plus probablement un Surnom comme "Mond des Parpailloun", car je ne vois pas ce nom dans les listes, que ce soit en prénom ou en nom de famille, ni même en surnom. Une création de Pagnol, ou Mistral, Giono???



Si c’est une plante, il nous faut traduire ou expliquer comme le suggère Anonyme, mais à quel endroit et de quelle phrase s’agit-il ?

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Escaouprès Re- cabridan
11/08/2004
04:39

J’ai retrouvé le passage de la Gloire de mon père:



"Il y avait aussi d’énormes guêpes, dites "cabridans", que nous assommions à coup de serviette..."



Je me souviens l’avoir traduit (en NDT) en japonais pas "suzumé-bachi", la plus grosse guêpe du pays, nom qui signifie "guêpe-moineau", comme quoi il n’y a pas qu’à Marseille qu’on exagére!

Elle ne fait que 6-8cm de long et il n’est pas rare que l’on rapporte un décès à la suite des piqûres quand on a eu le malheur de déranger un essaim. Comme je vais souvent ici aux champignons dans les collines, je les ai toujours chassé avec l’indispendable serviette qui sert d’oridinaire à éponger la sueur.



Je n’ai pas hélàs le temps de chercher ce nom vernaculaire provençal chez Fabre, le spécialiste sacré "inimitable observer" par Darwin.



Mais, quelle mouche m’a donc piqué ?

Permettez(moi de vous livrer une de ces hypothèses par reconstruction dont je suis friand:



Le bétail étant la principale victime des insectes tels que frêlons, taons etc., il est possible que ce soit une allusion à la danse folle que la chèvre exécute quand elle a été piquée, et des cris qu’elle pousse. C’est encore la farandole.

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Escaouprès Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
11/08/2004
05:15

Si Cabridan (désignant un homme) signifie Marchand de viande de chevreau, désignant une femme il désigne la danse et l’excitation érotique (femme coureuse en provençal).



Pour un insecte, outre les ressemblances anatomiques (cornes), c’est le mouvement qui prime:

Pour "cabrida" = sauter comme un chevreau

Puis la notion de transe, de perdre ses esprits

calqué sur l’expression "vous farié veni cabro" = vous ferait sortir des gonds".



Je penche donc sur la piquûre douloureuse qui fait faire des bonds de cabri. Reste à remettre la main sur ma base de données Fabre, qui est à la campagne...



En fait, il n’y pas à traduire ici, bien sûr, mais il faut toujours être capable de comprendre, surtout ce que l’on copie, n’est-ce pas ?

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Escaouprès Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
11/08/2004
08:23

Très amusant de constater que la guêpe (Vespa en latin) et la chèvre (Capra) sont souvent associés:



- Les apiculteurs, par supersition:

"les essaims étaient donnés ou faisaient l’objet d’un troc : un essaim contre un petit chevreau !"

c’est à dire un "cabridan" (variante de cabridet).



- Sur un site d’allergologie, au sujet des piqûres de guêpes :

" vous vous souvenez du film " La chèvre " où Pierre Richard se fait piquer par une guêpe et se met à gonfler dans un avion au-dessus de la forêt vierge ?"



- Alleurs dans les bestiaires, à part ses qualités de "mince, frêle, fière, jaune et vive" on trouve:

guêpe = rusée, fine comme sa taille de guêpe, qui ne perd pas le nord (sens de l’orientation, fixation sur le chiffre "huit" dans plusieurs langues, dont "hatchi" en japonais qui signifie les deux, peut-être en raison de sa danse en forme de huit) ne s’affole jamais, d’où le "pas folle la guêpe", notion un peu plus élégante et agressive que "fine mouche".



Devient "chèvre", au contraire, celui qui s’affole!



- Enfin le meilleur lien est encore la fable XXI de La Fontaine en provençal "Lei Cabridan e l’abiho" Le Chevreau et l’abeille.



Je précise que ces textes sont introuvables dans les fables en français: La Fontaine y a puisé autant que dans Aesope....

Trésors de la langue provençale à poséder (PDF):

www.up.univ-mrs.fr/tresoc/Libre/extrait/extrait-277.pdf

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JJ30 Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
11/08/2004
14:55

Tout d’abord mille excuses; Anonyme, c’était moi, mais j’avais oublié de personnaliser le post.

Merci Escaouprès pour tes compliments.

Au sujet de Cabridan, avec l’extrait du livre, je crois en avoir compris la signification.

Je me souviens qu’en Provence l’on parle souvent de Cabrian (ou Chabrian en plus francisé). Je pense, vu le sens de l’extrait, que Cabridan en est une variante.

Voici ce que j’en trouve sur le net:

Cabrian: Frelon ou également insecte hyménoptère à abdomen relié au thorax par un fin pédoncule (genres Ammophile (Ammophila sabulosa) et Pélopée (Sceliphron spirifex) qui paralyse ses proies (araignées) pour alimenter son nid.

Au sujet du Pélopée, il s’agit en fait de ce que l’on appelle parfois "guêpe bâtisseuse". Pour en apprendre plus, suivre ce lien (cliquer sur les N° 21 et 22 pour voir les bonnes pages):

http://cnum.cnam.fr/ILL/4KY28.43.html"; target="_blank" target="_new">http://cnum.cnam.fr/ILL/4KY28.43.html />


On retrouve "Cabrian" dans une poésie de Jean-Henri Fabre "La cigalo et la fournigo", accompagnée de sa traduction, ce qui est bien pratique.

"Mousco, cabrian, guèspo e tavan embana", dont la traduction donne: "Mouches, frelons, guêpes, scarabées cornus".

Voici le lien de cette poésie pour ceux que ça intéresse:

http://www.e-fabre.com/e-texts/poesie/cigalo.htm"; target="_blank" target="_new">http://www.e-fabre.com/e-texts/poesie/cigalo.htm />


"Il y avait aussi d’énormes guêpes, dites "cabridans", que nous assommions à coup de serviette..." Le mot "énorme" laisse penser que ces grosses guêpes auxquelles Marcel fait allusion sous le nom de Cabridan sont les Frelons, les Pélopées n’étant pas si gros que ça.

Amitiés.

J-J

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Escaouprès Vespa crabro - cabrian - cabridan
11/08/2004
17:34

Encore bravo JJ30! full marks...



Vérification faite dans Aubanel, le frelon se dit en provençal "Cabrian". C’est donc son nom tout court.



J’ai enfin remis la main sur les Souvenirs Entomologiques de Fabre. Il nous apprend que le nom latin de la "guêpe frelon" est "Vespa crabro", et la famille des frelons était à l’époque les CRABRONIEN.



C’est la plus grande guêpe européenne selon

http://www.inra.fr/Internet/Produits/HYPPZ/RAVAGEUR/3vescra.htm"; target="_blank" target="_new">http://www.inra.fr/Internet/Produits/HYPPZ/RAVAGEUR/3vescra.htm />


pour la photo de cette crabro (sans doute la cabridan de Pagnol):

http://www.inra.fr/Internet/Produits/HYPPZ/IMAGES/7033350.jpg"; target="_blank" target="_new">http://www.inra.fr/Internet/Produits/HYPPZ/IMAGES/7033350.jpg />


et...

le dictionnaire Latin Français de F. Gaffiot nous donne : crabro (-onis) = frelon.



Pas question de chèvre à l’origine mais, comme pour le pébre d’aï, on voit comment la graphie s’altèrant avec la disparition du r en provençal, on aboutit avec Pagnol à la graphie du chevreau, avec l’attraction dont nous avons parlé plus haut.

Même dans le langage codé des militaires et des résistants elles sont très souvents associés. (Tenez, un souvenir d’enfance: dans Tintin, Coke en stock, on avait le message : "fortes piqures de guêpe à chevrette bleue").



Cabridan étant déjà lié aux chèvres, et Cabrian étant le nom officel du frelon en provençal, il est difficile d’y voir une variante. Mais c’est un fait que Marcel et Paul au moins les appelaient ainsi...











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Escaouprès Cabridan = variante de Cabrian
11/08/2004
18:11

Dieu, que je suis bête! Je suis nul en Provençal!

Drapeau blanc, j’ai pêché par trop de septicisme.

JJ30 avait bien raison. Cabridan est une variante attestée en provençal, pour Cabrian.

Il n’y a ici de chèvre que moi.



Voici la fable XXI de La Fontaine

Les Frelons et les mouches à miel (= abeilles)

(inspirée de Phèdre, Les abeilles et les bourdons avec la guêpe pour juge, IIL.I-F. 13.



De l’oeuvre on connaît l’Artisan.

Quelques rayons de miel sans maître se trouvèrent :

Des Frelons les réclamèrent ;

Des Abeilles s’opposant,

Devant certaine Guêpe on traduisit la cause.

Il était malaisé de décider la chose.

[...]



et voici la version provençale de Marius Bourrelly



Lei Cabridan e leis Abiho.



De Cabridan èron pèr orto,

Tout en vounvounejant coumo de disavert,

Anèron destrauca dins lou cantoun d’uno orto

Un brus qu’avien leissa dubert.

Rintron, li avié degun; l’eissame èro à la couelo,

Sus lei mato de roumaniéu,



Bon la version provençale est fort différente, ce n’est pas une traduction, mais l’essentiel y est pour répondre à notre problème.

Pagnol était



Donc, je suis bien marri de vous avoir mené en si longue promenade avec les chevriers au risque de vous faire venir chèvre. Vous m’en voulez beaucoup? Bon je vais me cacher dans la baouco du vallon des Escaouprès et brouter un peu de pébre d’aï pour me faire oublier. Adessias.

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allaudien pebre d'ai en photo
15/08/2004
09:33

Quitte a utiliser les expressions qui fleurent bon la provence, autant être exact.

J’a trouvé sur le web un renouée acre, avec photo, je vous prie.

Evidement le nom de pèbre d’aï n’y figure pas, mais au moins pouvons nous le distinguer clairement de la sarriette.



Ci dessous le lien vers la photo inodore :

http://membres.lycos.fr/wambst/plantes/persicaire.htm"; target="_blank" target="_new">http://membres.lycos.fr/wambst/plantes/persicaire.htm />


Je pense que si un estranger recherche Pebre d’aï dans google, sauf a avoir lu Manon des Sources, il y a fort à parier que notre touriste reparte avec l’idée que pebre d’aï signifie hôtel

http://www.google.com/search?q=pebre+d%27a%C3%AF"; target="_blank" target="_new">http://www.google.com/search?q=pebre+d%27a%C3%AF;

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Escaouprès Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
15/08/2004
10:38

Content de te voir t’essayer à la reconnaissance des plantes, Allaudien, et que mes efforts pour vous envoyer promener payent.



Hé oui, cet hydropiper était un de ces "poivres du pauvre", à l’époque où les épices étaient un luxe.

On le trouve autour de presque toutes les mares en Europe du Nord, facile à reconnâitre à ses feuilles tachetée de points noirs.



Aucun rapport avec notre pebre d’aï = ase, la Sarriette des montagne, qui pique un comme le poivre mais surtout qui fleure comme le thym, auquel elle ressemble.

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Escaouprès Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
15/08/2004
11:01

Comme photo, c’est plutôt petit pour identification!

Curieux comme cette plante hyper commune est mal photographiée en France!



bon, allez là et cliquer pour agrandir, ce sera un peu mieux :

http://www.dijon.inra.fr/malherbo/hyppa/hyppa-f/polhy_fh.htm#Description%20de%20la%20plante%20adulte"; target="_blank" target="_new">http://www.dijon.inra.fr/malherbo/hyppa/hyppa-f/polhy_fh.htm#Description%20de%20la%20plante%20adulte;

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JJ30 Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
15/08/2004
12:05

Quizz pour Escaoupres

Toi qui vis depuis longtemps en Asie, tu dois connaître cette plante parfumée ?

chinois cantonais :Hsiang po ho ; chinois mandarin : Xiang bohe.

Il s’agit de ... ?

(indice: même un âne trouverait.)

Amitiés et clin d’oeil.

J-J

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allaudien Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
15/08/2004
12:30

Au cas ou : une petite piste, en Néerlandais cela se dit Tuinbonenkruid, mais attention hein en Hongrois c’est Pereszlén. Ne pas confondre !

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Escaouprès Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
15/08/2004
15:36

Boudiou qu’y sont finatchou, ces savants Marseillais! Je vois que vous êtes au parfum...



Vous m’avez bien diverti, sur le coup j’ai paniqué, sans les caractères chinois, ou au moins avec les accents toniques on peu rarement s’en sortir tellement cette langue (ces langues plutôt)ont d’homophones et 4 tons par dessus le marché.



Hsiang, Xiang, c’est celui de Hong-kong (le port aux parfums). Donc le parfum, et plus de soixante plantes sont composée avec ce préfixe.

Par exemple la vanille Hsiang Ts’ao, le romarin Mi-Tieh-Hsiang, iang bohe la menthe etc.



Po Ho ne me dit rien;



Je donne ma langue au chat! voyons le web...



http://www-ang.kfunigraz.ac.at/~katzer/germ/generic_frame.html?Satu_hor.html"; target="_blank" target="_new">http://www-ang.kfunigraz.ac.at/~katzer/germ/generic_frame.html?Satu_hor.html />


même un aï trouverait, hé ben, j’en suis unje de tête d’ail.

au plaisir et merci pour le clin d’oeil, je suis si seul ici dans la foule!

PS. Les cigales (oozemi, grosse et bruyante)se sont tues,

on attend la sortie de la petite espèce (mii-mii zémi) elle chante comme son nom:

miii, miii, miii, miiiiiiiii

le dernier avec un decréscendo adorable, ça vous donne une envie de faire la sieste irresistible.

La troisème sorte est aussi déjà retournée à la terre (la tsku tsuku booshi), très imagé ces onomatopées en japonais, non.



Bon Vespre à vous mes amis

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Anonyme Je frole, tu froles nous frelons,
16/08/2004
15:53

quelques frelons du Japon pour comparer:



http://www.city.nagoya.jp/10eisei/ngyeiken/insect/h_vespid/"; target="_blank" target="_new">http://www.city.nagoya.jp/10eisei/ngyeiken/insect/h_vespid/ />


http://www.city.nagoya.jp/10eisei/ngyeiken/insect/h_vespid/va.htm"; target="_blank" target="_new">http://www.city.nagoya.jp/10eisei/ngyeiken/insect/h_vespid/va.htm />
Son nom latin est suivi de Fabricius, le premier entomologue à l’avoir étudié, qui n’est autre que notre spécialiste mondial et provençal Jean-Henri Fabre.



et enfin la fameuse guêpe moineau"

Vespa mandarinia var. japonica Radoszkowski



http://www.city.nagoya.jp/10eisei/ngyeiken/insect/h_vespid/vm.htm"; target="_blank" target="_new">http://www.city.nagoya.jp/10eisei/ngyeiken/insect/h_vespid/vm.htm />
Sur cette page, on voit celle qui me poursuit avec tant de zèle quand je vais aux champignons:

On corrigera aussi une faute de frappe dans les mensurations données dans mon message.

Je me demande d’où vient cette tendance à exagérer qui affecte même mon clavier ?

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Escaouprès Variétés et Chants de cigales
16/08/2004
16:15

Là vous saurez tout sur les 2000 espèces de cigales décrites sur la planète:

photos et même fichier sonores des chants.



http://homepage2.nifty.com/saisho/Zikade-e.html"; target="_blank" target="_new">http://homepage2.nifty.com/saisho/Zikade-e.html />


NB. D’après Fabre, les cigales seraient sourdes. Il avait fait des expériences sous le platane de l’Harmas de Sérignan avec des explosifs. Elles ne furent pas impressionées ni ne céssèrent de chanter.

Alors qu’il suffit de s’en approcher pour les faire taire ou s’envoler. (Voir la leçon donnée à Marcel et Paul, par Mond des Parpailloun).

Ca nous en bouche un coin, quand même. L’amour est souvent aveugle, et bien là il est sourd.

Il semble qu’elle manifestent leur joie de vivre et "lou souleou mi fa canta" n’est pas une sottise.

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Anonyme Re: pebre d'ai - baouco - cabridan
22/09/2007
11:41

pour le cabridan pas de doute les provencaux baptisesnt ainsi le frelon.

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