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JJ30 Guy de Robien et le château Saint-Antoine
22/02/2005
15:07

Allez, vaï, je ne vais vous laisser attendre plus longtemps, puisque j’ai reçu mes informations.

J’ouvre un nouveau sujet, celui sur le château étant déjà bien rempli !

Alors qui était ce Guy de Robien, celui dont la montée qui va au château porte le nom? Etait-ce le propriétaire du château, ce fameux colonel qui offrait les roses du Roy à Augustine ?

Le blason photographié par Allaudien sur la façade du château, au nom de Roch Bihan, le laisse penser.

Et bien voici ce que j’ai trouvé :

D’abord, l’histoire du nom de la rue: " Montée du Commandant de Robien (11ème arrd) : délibération du 18 février 1985, à la demande de M. Vincent, conseiller municipal d’arrondissement. " => Une dénomination de rue donc assez récente.

Ensuite, la vie de Guy de Robien (enfin ... un petit condensé):

" Comte Guy de Robien, né au château de Robien, près de Saint-Brieuc (côtes du Nord), le 30 novembre 1857. A 17 ans, il rentre à Saint-Cyr. Il est nommé lieutenant en 1883, puis capitaine trois ans après. En 1889, il est envoyé en Oranie (Algérie). A SA RETRAITE, IL SE RETIRE AU CHÂTEAU SAINT-ANTOINE A SAINT-MENET.

Mais, en 1914, il demande un commandement. Il participe aux batailles de la Marne et sur la Meuse. On lui décerne la Légion d’Honneur.

Le 25 décembre 1914, il est nommé lieutenant colonel. Mais, le 6 janvier 1915, alors qu’il montait à l’assaut à la tête de ses hommes, il est tué par une grenade. Il est cité à l’ordre du jour de l’armée. "

Ces renseignements sont tirés d’un livre sur les noms des rues de Marseille, que j’ai déjà cité dans de précédents sujets : "Dictionnaire historique des rues de Marseille, par Adrien Blès, aux Editions Jeanne Laffitte.

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
22/02/2005
15:13

Mon cher JJ30

On a posté nos trouvailles en même temps.

Je vais mettre en téléchargement sur mon site le fichier pdf que j’ai pu constituer.

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JJ30 Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
22/02/2005
15:53

Allaudien, quelle coîncidence ! On peut dire que l’on travaille main dans la main !

Le site de l’armée proposant de retrouver les fiches des morts pour la France permet d’avoir quelques renseignements complémentaires.

Guy de Robien est né plus précisément au Foeil (Côtes du Nord), petit village près d’un autre dénommé Quintin (après recherche sur une carte). Une rapide recherche sur le net permet de trouver plusieurs sites parlant de Quintin. Et bien évidemment il y en a un qui propose une photo du château de Robien où est né notre cher colonel: http://quintin22.free.fr/alentours.html"; target="_blank" target="_new">http://quintin22.free.fr/alentours.html; (descendre vers le milieu de la page).

La fiche précise encore "Lieutenant colonel de réserve à titre temporaire, 26ème régiment d’infanterie; Classe 1877; Tué à l’ennemi le 5 (et non le 6) janvier 1915 à Roclincourt (Pas de Calais)". Roclincourt, c’est la banlieue d’Arras.



Petit à petit on va finir par tout savoir sur le colonel.

Mais est-ce que ça servira à sauver le château ?

J-J

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JJ30 Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
22/02/2005
17:03

Une recherche sur des sites de généalogie (merci à ceux qui ont fait des recherches poussées) permet d’en savoir un peu plus sur sa famille.

Guy Léon Marie Comte de Robien était le fils de Paul Frédérique Marie Marquis de Robien (1822-1876) marié le 27/07/1853 avec Hélène Marie de Coëtnempren de Kersaint (1833-1893).

Il a eu deux soeurs, Marguerite et Jeanne Laure Marie et deux frères Paul Charles Marie et Henri Auguste Marie.

Il s’est marié le 15/01/1885 avec Marguerite Marie Blanche Halna de Fretay et ils ont eu ensemble Guy Léon Fortune Paul Marie né en 1888, l’auteur du livre "Un idéal français dans un coeur breton", écrit à la gloire de son père.



Enfin, en sachant qu’il a été souvent en garnison dans le sud de la France pendant sa jeunesse, on comprend mieux comment un breton a atterri au château Saint-Antoine.

J-J

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Akanemo Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
22/02/2005
17:06

Peut-on donc en conclure qu’il s’agit du fameux colonel qui offrait les roses du Roy à Augustine?

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
22/02/2005
19:49

Si c’est la base de JP de Porcaro qui a été utilisée, celui ci a pu remonter jusqu’en 1605 avec christophe Gautron (et même avant mais sans avoir de date).

De l’autre coté guy de Robien, fils du commandant guy de robien n’a pas eu de descendance.

Gilles de Robien proviendrait alors d’une autre branche



Anecdote : JP de Porcaro est du Sud (gardanne)

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JJ30 Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
02/03/2005
16:00

Dégotée sur le net chez un libraire breton, j’ai fait venir une revue datée de mars 1917 ("Le mois littéraire et pittoresque") au sommaire duquel était mentioné un article sur Guy de Robien.

En fait, il s’agit d’un article mentionnant la sortie à l’époque du livre écrit par son fils "Un idéal français dans un coeur breton". On n’apprend rien de plus sur la vie générale du commandant, mais plutôt, par un extrait du livre, sur son comportement au front. Voici:



Le commandant de Robien.

Sous ce titre : "L’idéal français dans une coeur breton", le comte Guy de Robien publie ces jours-ci, chez Plon, une biographie tracée d’un main pieuse, de son héroïque père, le commandant de Robien, chef de bataillon de zouaves. René Bazin a dit de cette vie que "les chercheurs de sublime ne trouveront rien de mieux". Détachons de ce volume un court tableau : "le père des zouaves".

C’est un matin de décembre ... L’aube se lève, plus lumineuse que de coutume. L’épais rideau de nuages qui depuis huit jours enveloppe la plaine d’un linceul semble plus léger ... Après une courte lutte, le jeune soleil hasarde un timide rayon sur le champ de bataille, et cette caresse de la lumière met tous les coeurs sen fête ...

Le commandant sort de son gourbi ... La nuit a été clame. les deux artilleries ont poursuivi leur dialogue tragique, mais les autres armes sont demeurrées silencieuses. ... Aussi le commandant a-t-il pu se retirer dans son poste de commandement pour y prendre quelque repos ...

Il sort ... Son visage paraît quelque peu vieilli ... Mais un sourire toujours jeune met un rayon d’espèrance au coeur de ses zouaves ...

Au coin d’une tranchée, il aperçoit deux jeunes gaillards qui glissent un regard imprudent par-dessus le parapet. Le commandant les aborde avec un air de bienveillante gronderie :

- Soyez prudents, mes enfants, baissez la tête; un malheur est vite arrivé; une balle perdue peut vous punir de votre témérité ...

Eux se retournent émus, car ils savent que "lui" ne s’abritera pas et sera téméraire jusqu’au bout sous la mitraille ...

Plus loin, l’officier croise un vieux rengagé qui paraît exténué par la veille nocturne. Il s’avance, bon enfant :

- Que faites-vous là, mon ami ? Allez donc vous reposer ... Je préviendrai votre capitaine ... Il faut ménager ses forces pour le combat ...

Le vieux grognard regarde, pensif, s’éloigner la haute silhouette, et il songe que ses propres forces, le commandant, lui, ne les ménagera pas ...

Dans un abri, voici un groupe de chéchias qui discutent avec animation. Elles sont rangées (le mot attablées serait trop présomptueux) autour d’un grand récipient d’où s’exhale un arome de café ... Le commandant s’approche :

- Eh bien, mes enfants, le café est-il bon ? Vous l’a-t-on apporté bien chaud ? C’est nécessaire après une nuit de veille ...

Et pendant que leur bon père les interroge ainsi ave une mâle sollicitude, certians parmi eux se doutent bien que ce moine-soldat n’a pas encore songé qu’il est à jeun ...

Plus loin, un jeune zouave assis, solitaire, une feuille froissée à la main, semble la proie d’une mélancolie soudaine ... C’est un Breton ... La nostalgie de la lande fleurie et du vaste horizon des vagues assombrit sans doute le regard franc et loyal du beau gars ... Le commandant s’approche, paternel :

- Courage, mon ami, pourquoi êtes-vous triste ?

Et il s’enquiert, en quelques paroles viriles, mais émues ... Le jeune homme vient d’apprendre que sa vieille mère, le seul être cher qui lui reste sur la terre, est à l’agonie, et il se désespère de se savoir si loin ...

Le chef ressent la douleur de cet enfant comme si c’était la sienne propre, un voile de tristesse envahit ses traits à l’expression mobile, et c’est la gorge contractée par une invincible émotion qu’il encourage le jeune zouave.

Et ainsi il passe, semant dans chaque tranchée la confiance, le courage, la foi et l’espèrance ... Et lorsque en lui le chef reparaît, censurant sévèrement quelque faute, on a l’impression que chaque parole de blâme se nuance d’une ombre de regret ...

Sans cesse il parcourt les tranchées, calme sous la mitraille, laissant un peu de son coeur à chaque pas, et lorsqu’il a passé, il semble qu’il subsiste derrière lui comme un lumineux sillage d’enthousiasme, d’héroïsme et de bonté ...

Ses hommes voient à regret s’évanouir cette chère silhouette ... A son passage ils ont senti une douce chaleur envahir leur coeur, et lorsqu’il s’éloigne, un élan d’affection l’accompagne, et un pieux murmure résonne comme sur les pas d’un saint :

- Oh ! Celui-là, comme on sent qu’il nous aime ... (1)



(1) Paroles de zouaves rapportées par deux témoins.



Voilà, c’était un peu long (surtout à taper), mais c’est un témoignage sur cet homme que l’on cherche tous à connaître depuis quelque temps.

Certes le style est très sublime, à la limite de l’emphase, mais ils ne faut pas oublier que le livre est écrit pas un fils qui admire son père (voire même l’idolâtre) et le place en icône.



On se plaît toutefois à retrouver les qualités dont le commandant fait preuve avec la famille de Marcel dans le château de ma mère : gentillesse, bonté, sollicitude, paternalisme ...



J-J

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Escaouprès Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
03/03/2005
03:25

Cette trouvaille est une vrai merveille!

Très cher JJ, merci de nous en faire profiter, la peine que tu as pris à taper ce long extrait en valait la chandelle.

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nanou Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
03/03/2005
12:14

chers pagnofiles, je suis de retour et vous signale que j ’ai fait l acquisition grâce à l’un d’entre vous du livre de 1912 sur de robien et que je compte le lire et mettre des infos à votre disposition notamment la description du château

et ses parterres de fleurs;

bissous

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gillou Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
03/04/2006
18:40

Guy de Robien, fils du commandant du même nom n’a pas eu de descendance.

Gilles de Robien, le ministre et président d’Amiens métropole, proviendrait alors d’une autre branche, mais en tout cas a hérité du titre de Comte.

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Escaouprès Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
04/04/2006
20:36

La généalogie à été remarquablement traitée et illustrée (Bravo Allaudien) sur le site COEUR DE PROVENCE

http://www.coeur-de-provence.org/Le-Commandant-de-Robien-ou-Roch.html"; target="_blank" target="_new">http://www.coeur-de-provence.org/Le-Commandant-de-Robien-ou-Roch.html />


Mon père m’avait raconté que lorsqu’il avait tout juste 18 ans, il a eut l’honneur de servir quelques semaines sous son commandement. C’était en décembre 1914 (7e régiment de zouaves, mais il a changé de numéro deux fois étant décimé!). Il en avait gardé une très forte impressions. Hélàs, j’étais trop minot pour apprécier alors ses récits...



En voici toutefois un portrait tiré des

"Impressions de Guerre d’un Officier d’Afrique. Feuilles détachées d’un carnet de guerre" [extrait ’d’Oran à Arras’

par Henry d’Estre, inédit.]



-------------- extrait--------------



Mais le boyau se rétrécit, nous franchissons les tranchées de deuxième ligne et je trouve à son poste de commandement l’officier supérieur de jour dans le sous- secteur. C’est aujourd’hui le commandant de Robien. Officier de carrière, âgé de près de soixante ans, en retraite depuis plusieurs années déjà lors de la mobilisation, il appartenait à l’armée territoriale et fut placé, sur sa demande, à la tête d’un bataillon de zouaves avec lequel il fait merveille. C’est un homme de très haute taille et ne voulant en perdre un pouce dans ses tranchées, où il chemine du matin au soir et du soir au matin. Ses traits sont fortement accusés, le nez est très proéminent; le sourire, quand il existe, un tantinet amer; la bouche, un peu édentée, mâchonne perpétuellement, avec ce qui lui reste d’incisives, un éternel cigare la plupart du temps éteint. Le geste est sobre, et la parole encore davantage. D’une bravoure calme, froide, héroïque, le commandant de Robien est un soldat de race et la sienne en a fourni beau coup au pays.



Sortant de sa cagna, nous nous engageons, l’un derrière l’autre, et en échangeant quelques brèves paroles, dans l’inextricable labyrinthe des tranchées qu’il faut admirablement posséder pour ne pas s’y égarer. Lui en connaît à fond le dédale. On est ici dans le sable. C’est un plaisir de s’y promener après s’être péniblement traîné dans la boue des boyaux précédents. Chemin faisant, nous croisons des zouaves, mêlés de sapeurs et de quelques territoriaux de corvée. Ils vont et viennent, appelés par leur service. Puis, brusquement, nous tombons dans les tranchées de première ligne, distantes en ce point de quelque 60 mètres de celles de l’ennemi. Nous nous retrouvons, hélas! dans la boue, car le terrain redevient glaiseux. Le spectacle est saisissant. Derrière leurs créneaux, plus ou moins espacés, des zouaves veillent dont les fusils sont perpétuellement braqués sur l’ennemi; d’autres somnolent accroupis dans des abris individuels creusés dans le talus. Mais ces soldats ne ressemblent en rien à nos zouzous si coquets du temps de paix. Ils ont abandonné depuis longtemps le boléro ajusté et le jupon garance, et sont maintenant vêtus à la façon de nos thabors.



MARDI 6 JANVIER 1915, MORT du CDT DE ROBIEN:

Mardi 6. — Une douloureuse nouvelle nous arrive aujourd’hui au quartier général. Le brave commandant de Robien, qui en raison de sa belle conduite venait d’être nommé au commandement d’un régiment de réserve qu’il aurait déjà dû rejoindre, avait demandé à garder quelques jours encore son beau bataillon. On se battait en effet dans son sous-secteur, et jusqu’au bout ce beau soldat voulait prendre part à la fête. Ce matin, tandis qu’il opérait une reconnaissance sous une pluie de pétards, ayant hasardé la tête hors de la tranchée, il est tombé aussitôt, la poitrine broyée par une bombe. C’était, je l’ai déjà dit en esquissant sa silhouette, un officier plein de bravoure et de calme. Cette dernière qualité est beaucoup plus rare, partant plus appréciable. On l’enterrera au cimetière de A... Le général de Maud’huy, commandant l’armée, viendra assister à ses funérailles et lui dira un vibrant adieu.

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
04/04/2006
22:02

Autre source militaire



Le 6° Bataillon du 4° Régiment de Zouaves ( 7° régiment de Zouaves à/c du 23 Décembre 1914)

Côte SHAT 26N 840-7

22 Novembre 1914 : Le Commandant de Robien prend le commandement du Bataillon.





(extrait journal de tranchée de L.BOTTI)

3e Régiment mixte Zouaves et Tirailleurs (RMZT).

Cote SHAT 26N 837



2 janvier 1915 : Nombreuses fusillades dans la nuit, bombardement des positions



Le régiment occupe les tranchées reliant le secteur de Roclincourt et d’Ecurie, chemin creux à droite, rte de Lille à gauche.



3 janvier 1915



calme en 1ere ligne



4 janvier 1915



le matin, les allemands attaquent les tranchées fr sans préparation d’artillerie. Les allemands sont refoulés mais conservent une partie de tranchée.



5 janvier 1915



La cie Morin dégage la tranchée prise la veille par les all



(Morin +, Cdt Robien +, nombreux blessés et tués).



bombardement meurtrier sur la rte de Lille (8 zouaves+)



6 janvier 1915



canons de 77 battent les lignes fr.



Les chasseurs d’Afrique prennent le poste du Chemin creux. Tous le terrain perdu le 4 est repris.



L’artillerie française bombarde les lignes all toute la nuit.



8 janvier



la pluie inonde les tranchées.



Le chef de Bataillon Mahé remplace le Cdt De Robien, le Cpne Engasser commande un autre bataillon.



Une attaque doit être déclenchée pour 11h.

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chantal provence Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
04/04/2006
22:34

YA PAS A DIRE VOUS ETES LES PLUS FORTS.......

MERCI

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Lizbec Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
05/04/2006
10:09

J’adresse à Allaudien une photo prise Dimanche dernier du monument aux morts de Saint Menet : Le nom "Guy de Robien" y figure...On y remarque également les noms de deux autres "châtelains" de Saint Menet : "Régis" et "de Montbard"..

Je n’ai pas trouvé la tombe du comte...Où est-il enterré? En Bretagne?

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
05/04/2006
21:35

Voici en ligne le monument aux morts

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
05/04/2006
22:10

d’après les lectures faites ci et là, le commandant de Robien est décédé le 06 Janvier 1915, on a pu lire avec Escaouprès que selon un carnet de guerre, le 06 janvier tombe un mercredi (il y a une erreur dans la recopie du carnet de guerre par le site web, le mardi 5 est suivi du mardi 6). Ce 06 janvier 1915 est bien un mercredi (merci excel).

Sur la photo du cimetière de Lizbec, la plaque commémorative donne la date du 06 Juin 1915 (un dimanche).

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Escaouprès Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
06/04/2006
15:33

N’est-ce pas que ce carnet de guerre "Oran-Arras" est sublime?



Contrairement à d’autres "journaux des tranchées", tropo sommaires, il est très bien écrit et rédigé, avec de nombreux détails sur les lieux et les personnes. C’est d’ailleurs le seul à faire un portait physique et moral de Guy de Robien.



Il est de plus illustré par de rares couvertures de "L’illustration" de l’époque et divers documents difficiles à réunir sur une seule page.



Je conseille vraiment de le sauvegarder sur votre ordinateur. C’est ici:

http://www.greatwardifferent.com/Great_War/Arras/Oran_Arras_01.htm"; target="_blank" target="_new">http://www.greatwardifferent.com/Great_War/Arras/Oran_Arras_01.htm />


Maintenant, comme c’est aussi un des rare journal à donner les jours de la semaine, le problème du décalage d’un jour tout au long du journal est très intéressant!



- Soit il s’est trompé dès le premier et a continué pendant deux ans ...ou plus



- Ou alors, il a rajouté les jours de la semaine par la suite et s’est trompé dans ses calculs (pas facile il est vrai avec les 5 ou 6 méthodes de calcul mathématiques).



Mais il y a une autre hypothèse, c’est qu’il a fait une erreur de Jour du mois, et cela pourrait expliquer l’erreur du jour de la mort... puisque les sources militaires (officielles) le disent mort le 5 janvier et non le 6.



C’est un petit détail, certes, quand on songe à tous les engagés ’volontaires’ qui se sont fait vieillir d’un an ou deux pour devancer l’appel et aller "bouffer du boche" comme ils disaient!



Il est vrai que dans les campagnes, faute de bulletin de naissance, il suffisait de venir avec deux témoins pour s’enroller. On avait besoin de chair à canon, comme on dit, et on n’était pas très regardant sur les dates.



Quant à la différence de janvier à juin sur la plaque de marbre, c’est étonnant. Quelle en est la source? Mystère..

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Escaouprès Château de Robien au Foeil (Pas de Calais)
06/04/2006
16:56

Pas de trace au cimetière d’Arras, comme le laisse penser le journal d’Oran (enterré au cimentière d’A...)



Peut-être que le corps a été ramené au Château de Robien (qui a un cimetière et une chapelle), mais les funérailles militaires ont eut lieu sur place par le général Maud’huy...



Voir la photo de ses deux fiches militaire de décès sur le site du Ministère de la Défense.



http://193.108.167.105/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=J490760R"; target="_blank" target="_new">http://193.108.167.105/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=J490760R />


http://193.108.167.105/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=M271259R"; target="_blank" target="_new">http://193.108.167.105/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=M271259R />


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ROBIEN DE, GUY LEON MARIE: Légion d’honneur le 30/11/1857 COTES-DU-NORD; LE FOEIL



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Son ancêtre le marquis de Robien: une page lui est dédiée avec son portrait ici:

http://www.bretagne-musees.culture.fr/parcours_esprit/marquis.htm"; target="_blank" target="_new">http://www.bretagne-musees.culture.fr/parcours_esprit/marquis.htm />


-------------

L’histoire des premiers occupants (Christophe-Paul de Robien) du château ici:



http://www.sgmb.univ-rennes1.fr/DOSSIERS/activites/textes/CHRONIQUEfeuille.htm"; target="_blank" target="_new">http://www.sgmb.univ-rennes1.fr/DOSSIERS/activites/textes/CHRONIQUEfeuille.htm />

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
06/04/2006
21:29

Et comme un bleu qui monte à l’assaut la fleur au fusil, j’ai omis de donner le lien.



Le monument au morts est à

http://www.coeur-de-provence.org/Au-cimetiere-de-Saint-Menet.html"; target="_blank" target="_new">http://www.coeur-de-provence.org/Au-cimetiere-de-Saint-Menet.html />

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
06/04/2006
22:02

Sur le site D’Oran à Arras, l’erreur du jour de semaine n’est apparue sur le 06 Janvier (qui est affublé d’un mardi, au lieu de mercredi). Le jour Suivant vendredi 8 est correct.



Décédé le 5 ou le 6, surement décédé le 5, la nouvelle a été diffusé ou sue le 6



Pour l’enterrement, le soldat parle au futur, et le cdt de Robien repose sans doute la-bas.



La stele de Saint Menet rappelle que le Commandant de robien était Marseillais avant de monter au front.



Et puisque ce forum est ingénieux pour faire des trouvailles sur Pagnol :

Il serait curieux qu’un lecteur du forum et résident d’Arras, ou de sa région, nous trouve une photo de la tombe de notre cher colonel aux roses du Roy.



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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
07/04/2006
00:04

Mon cher Fernand



Si Christophe Paul est un parent à guy de robien

Et qu’il est né le 04 novembre 1698 au château de Robien alors ...



alors on peut remonter cette lignée jusqu’en ...

1660 pour Paul de Robien président à mortier au Parlement de Bretagne

puis

1633 pour Sébastien de Robien, baron de Lanvaux

1607 pour Christophe de Robien, vicomte de Plaintel

1573 Christophe de Robien, chevalier de l’Ordre du Roi

lequel christophe a pris le nom de sa mère

???? Claudine de Robien, dame de Guengat

???? Jacques de Robien, seigneur de Robien

???? Jehan de Robien

???? Alain de Robien

1390 "Guillaume" ou Louis de Robien

1365 Boscher, Louis seigneur de Robien

Changea son nom en Robien (Roch-bihan) en 1389.



voici au passage en 1389 que Roch Bihan devient Robien

Roch Bihan est le nom que l’on retrouve au Chateau de Saint Menet avec cette devise "Sans vanité ni faiblesse".

Cette devise et le nom sont sur cette photo que j’ai faite au cours d’une visite au château

http://www.coeur-de-provence.org/Le-Commandant-de-Robien-ou-Roch.html"; target="_blank" target="_new">http://www.coeur-de-provence.org/Le-Commandant-de-Robien-ou-Roch.html />


1389 : je trouve celà incroyable !



Plus de 10 générations après, la devise est là, inscrite devant nos yeux, peut-être lue par Marcel Pagnol qui a bien du voir que ce n’était pas du provençal, ou alors du vieux provençal, du très vieux

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Escaouprès Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
07/04/2006
03:13

Mon Cher Allaudien,



Marcel Pagnol doit rire du haut de son nuage, en nous voyant tous ici nous escrimer à faire l’histoire et la généalogie des personnages de ses souvenirs d’enfance.



Depuis un mois j’étais en train de reconstituer les archives militaires de notre famille, pour la guerre de 14-18, les documents sont nombreux, mais alors au delà, c’est plus dfficile.



Mais Allaudien, quand tu montes au créneau comme ça, tu nous régale!



Vraiment sublime cette rétrospective sur 700 ans entre les deux châteaux.



Entre la Bretagne et la Provence,

ces deux pays de roches, tarpéiennes ou non,

que de liens, que de mariages et d’histoire,

pour un Toulonnais comme moi, c’est une évidence.



"Roch bihan" Robien



Pour le journal d’Oran, j’ai bien compris après tes explications. Le mardi 5 janvier est donc le jour fatidique.



Pour les funérailles sur place, nous en avons confirmation dans le même journal, à la date du 2à janvier. De plus, il souligne l’appartenance méridionale du "Colonnel aux roses du Roy".



Voici le texte, il est poignant (mon père qui fut blessé le même jour à quelques km à peine, eut plus de chance...)



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Mercredi 20. — Décidément la série est à la noire! Avant-hier, une marmite, tombant sur un rassemblement de tirailleurs, en a dégringolé bon nombre. Aujourd’hui, le capitaine Engasser, officier de la plus haute valeur, qui avait remplacé le commandant de Robien à la tête de son bataillon, vient lui aussi, et à moins de quinze jours d’intervalle, de trouver une mort glorieuse dans le même et terrible sous-secteur de R... Comme son prédécesseur, c’est au cours d’une reconnaissance préliminaire à une attaque qu’il fut tué. D’un courage froid et inaltérable, Engasser n’aimait pas à se servir du périscope. En vain ses officiers lui conseillaient-ils plus de prudence. Sa dernière parole fut: « Je veux voir. » II s’est donc dressé de tout le buste au-dessus des lèvres de l’entonnoir et fut aussitôt foudroyé d’une balle en plein front. On l’enterrera à côté du commandant de Robien, dont, tout jeune encore, il aurait pu être le fils. Comme lui aussi, il appartenait à une famille de soldats et son vieux père est chef de bataillon en retraite à Nice.



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JJ30 Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
09/04/2006
20:29

Escaoupres, Allaudien, je confirme que Christophe-Paul est bien un ancêtre de Guy de Robien, puisque je possède le livre écrit par son fils à la fin duquel il y a son arbre généalogique.

Le marquis Christophe-Paul était Président du Parlement, historien et académicien, tel que c’est développé sur la page dont Escaoupres donne le lien.

La lignée donnée par Allaudien est donc la bonne, sauf que sur l’arbre du livre, le nom de "De Robien" apparaît bien plus loin que Guillaume II; au dessus il y a Guillaume I D.R., Louis D.R., Eudon Boscher de Robien, Pierre Boscher D.R., Pierre Boscher D.R. "seigneur féodal", Robert Boscher D.R., Olivier Boscher D.R. et Jeanne de Penthièvre-Avaugour Dame de Robien qui est la première à apparaître avec le nom de "De Robien". A ce sujet, dans la préface du livre, voici ce que dit Guy de Robien fils : " Il était né au château de Robien, dans les Côtes du Nord, sur cette terre de Robien qu’une cadette de la maison de Bretagne avait apportée en 1212 avec sa seigneurie de Robien à la jeune famille qu’elle venait fonder."

A noter que l’arbre remonte dans cette branche jusqu’à Charlemagne. Trois autres branches remontent jusqu’à Saint-Louis.

A ce sujet, j’ai lu récemment dans un article sur la généalogie que beaucoup de Français qui arriveraient à remonter jusqu’à Charlemagne le trouveraient dans leur lignée (selon le Quid, les Carolingiens en lignée féminine auraient été 20 millions au 20ème siècle; il apparaît déjà 500 fois dans l’ascendance de St Louis).

J-J

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Lizbec Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
25/04/2006
18:33

Le mystère s’épaissit! : En suivant la piste des dates importantes de la vie du comte Guy de Robien,voilà ce que je trouve:" En 1762, Joseph d ’Isoard,avocat,se rendit acquéreur de "la Miniarde",propriété située à l’Est de La Barasse...Jean-Baptiste d’Isoard,en 1792,va l’aggrandir en acquérant ...la propriété voisine "La Rousse" ou "La Rigaude"...A l’emplacement de l’ancienne "Miniarde",il fit construire la belle bastide que nous voyons encore(1959),et lui donna le nom de "La Rousse"...En 1812,il regroupe également toute une série de terres au Sud de La Maussane,séparées du domaine par la petite route d’Aubagne...En 1848, le domaine est vendu à Louis d’Alayer de Costemore,puis à François Philip en 1867,et à Joseph Blanc en 1894...

A suivre...

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
25/04/2006
19:42

Jean-Jacques : avez vous la lignée entre Christophe Paul Robien et guy de Robien, il n’y a rien sur le web à ce niveau, pour moi c’est un chainon manquant.





Lizbec : Comme la Reynarde, la Maussane correspond à un nom de Famille après avoir enlevé la dernière lettre. Maussan ou quelque chose comme cela ferait partie des grandes familles (noble)du Terroir.



Forbin ressort également comme nom de Famille, également comme nom de château ou de bastide et donne également La Forbine.

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Lizbec Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
25/04/2006
20:27

Suite :"...En 1909, le comte Guy de Robien s’en rendit acquéreur et fit ajouter au batiment existant deux ailes d’allure plus moderne...D’une illustre famille bretonne,il commandait un bataillon au 3ème régiment d’infanterie en dépôt à Digne.Il eut une conduite héroîque pendant la première guerre au cours de laquelle il mourut à 58 ans. C’est durant la possession du comte de Robien que le domaine "La Rousse" fut appelé "Château Saint Antoine"...Après être resté quelques années propriété de M.Fine,assureur, le château a été acqis par la société d’électrochimie de La Barasse qui l’a heureusement conservé dans son état ancien en l’affectant aux oeuvres de son personnel..."



Cette date d’acquisition de 1909 met en question la possibilité historique de la rencontre avec la famille Pagnol,théoriquement avant 1907, car à partir de cette date, il est établi que la ligne de tramway avait été (enfin!) prolongée jusqu’aux Camoins, permettant aux Pagnol d’aller jusqu’à "La Croix" (une très belle photo sur le web). La famille Pagnol ne faisant plus à pied le trajet La Barasse-les Quatre Saisons, ne pouvait donc plus rencontrer le comte sur ses terres, acquises en 1909 !

En d’autres termes, le propriétaire de "La Rousse" étant M. Joseph Blanc jusqu’à 1909, c’est sur ses terres que les Pagnol passaient clandestinement et pas sur celles du comte!



Qu’en pensez-vous ?



Y a-t’il une explication dans la biographie de De Robien sur l’origine de sa blessure au visage ? Pagnol aurait-il au moins vu la photo du comte ?



Nous n’en avons pas fini avec cette histoire !!!

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JJ30 Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
25/04/2006
23:39

En réponse à Allaudien, voici bien volontiers la lignée demandée : Marquis Christophe-Paul de Robien, historien et académicien, président du Parlement de Bretagne => Louis-René-Cyr de Robien => Paul-René, Marquis de Robien => Paul-Frédéric-Marie, Marquis de Robien => Comte Guy de Robien.



Dans le livre n’est précisée nulle part la date d’achat du château. De même, à ma connaissance, il n’est fait allusion nulle part d’une blessure au visage (mais je vais vérifier).

Le château Saint-Antoine a pris ce nom car sa chapelle abritait la statue miraculeuse de Saint-Antoine de Padoue que la fondatrice de l’oeuvre "Le pain des Pauvres" à Toulon a confiée à Guy de Robien avant de mourir, touchée par la foi profonde de ce Breton. Le livre dit "... il avait tenu à placer sa demeure sous le vocable de ce grand saint."

J-J

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JJ30 Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
25/04/2006
23:55

Pour revenir sur la date de 1909, le livre ne donne rien d’explicite, mais on peut essayer de la cerner à travers le texte. En effet, un passage décrit la vallée où se trouve le château Saint-Antoine en ces mots : " ... un magicien est passé par là, ranimant d’un coup de baguette ce sol desséché ! Depuis soixante ans, le canal de la Durance féconde cette oasis ...".

La grande sécheresse de 1834 et l’épidémie de choléra qui suivit sont à l’origine de la décision de construire un aqueduc, le Canal de la Durance ou Canal de Marseille, reliant les eaux de la Durance à Marseille. Acheminée sur 87 kilomètres, grâce à l’ingénieur des Ponts et Chaussées, Franz-Mayor Montricher, l’eau arrive dans la ville le 8 juillet 1847.

1847 et soixante ans donnent 1907, et là on rentre dans les clous de la Gloire ...

La date de 1909 n’est peut-être pas très exacte !

J-J

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Lizbec Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
26/04/2006
00:03

Pour ceux qui ont visité le site (comme dans le roman, je m’y suis trouvé "nez à nez" avec un garde accompagné d’un énorme "bas-rouge"!),qqu’un a-t’il repéré la chapelle ? ("Il montait jusqu’à la chapelle..")

Et où est passée la fameuse statuette de Saint Antoine ?

Trouver le lieu de sépulture du comte permettrait vraisemblablement de répondre à cette question...

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
26/04/2006
00:12

Merci Jean-Jacques je vais essayer de retrouver traces de ces "de robien" manquant grace à leur prénom.

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Lizbec Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
26/04/2006
00:18

La date de 1909 provient d’un travail très documenté et précis sur le cadastre aux archives de Marseille...mais je ne l’ai pas vérifiée personnellement...une faute de frappe: 1909 pour 1900 nous arrangerait bien !...

Les deux photos du comte proposées par JJ30 sont elles dans le livre de son fils ? Le visage semble déformé par une blessure ...ou une malformation ?

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
26/04/2006
00:22

Avec une jolie photo cliquable du canal et un peu d’histoire

http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/itiinv/marseill/page13.htm"; target="_blank" target="_new">http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/itiinv/marseill/page13.htm;

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Lizbec Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
26/04/2006
10:23

Autre argument en faveur de la date de 1909: " A sa retraite, le comte de Robien s’installe au château Saint Antoine..." : Né en Novembre 1857,sa retraite à 50 ans nous mène quasiment en 1907-1908...le temps des recherches et négociations pour l’achat d’un domaine...et nous sommes bien en 1909 !

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Lizbec Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
26/04/2006
10:40

Je relis les extraits courageusement transcrits par JJ : "... pendant les trois années passées dans ce (lieu)..." donc juste avant son réengagement dans le conflit : entre 1909-1910 et 1913-1914...

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Escaouprès Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
26/04/2006
14:57

Personne n’a répondu à la question d’Akanemo?

(Le colonel aux roses du Roy est-il le comte Guy de Robien?).



Dans les souvenirs de Pagnol, c’est à dire dans "Le château de ma mère", le propriétaire remet à Joseph sa carte.



Le soir, aux Bellons, ils y lisent:



Comte Jean de X...

Colonel au premier cuirassier.



et comprennent avec stupeur que leur noble bienfaiteur est le célèbre colonnel de la bataille de Reichshoffen.



Or, la bataille de Reichshoffen ayant eut lieu le 6 août 1870, il ne peut s’agir de Guy de Robien qui n’avait alors que 13 ans.



Voici le contexte de la rencontre et le résumé de nos recherches:

-----------------



Portrait du "Colonel" de Robien dans le souvenir de Pagnol.



Par un beau samedi du mois de mai, nous traversions - sans le moindre bruit - les terres du " noble ". Comme nous arrivions au beau milieu de la propriété, nos craintes s’amincirent, parce que la haie protectrice devenait plus épaisse. [...]



Mais soudain, je restai figé, le cœur battant. A vingt mètres devant moi, une haute silhouette venait de sortir de la haie et, d’un seul pas, se planta au milieu du sentier.



L’homme nous regardait venir. Il était très grand, sa barbe était blanche. Il portait un feutre de mousquetaire, une longue veste de velours gris, et il s’appuyait sur une canne. [...]



Une large cicatrice rose, sortant de son chapeau, descendait se perdre dans sa barbe, touchant au passage le coin de son oeil droit dont la paupière fermée était plane. [...]



Le comte serra la main de mon père et lui donna sa carte [...]



Comte Jean de X...

Colonel au premier cuirassier

« Mais alors... dit-elle.

- Oui, dit mon père c’est celui de Reichshoffen. »

http://home.aol.com/reichshoffen01/Bataille.htm"; target="_blank" target="_new">http://home.aol.com/reichshoffen01/Bataille.htm />


---------

1857. Naissance le 30 novembre au château de Robien, village du Fœil (Côtes du Nord.)

1874. Entre à l’École militaire de Saint-Cyr. Rattaché à la Classe 1877.

1883. Nommé lieutenant.

1885. Mariage avec Marguerite Marie Blanche Halna de Fretay

1886. Nommé capitaine.

1888. Naissance de Léon Fortune Paul Marie, auteur du livre "Un idéal français dans un cœur breton".

1889. Envoyé en Oranie (Algérie).

1907 Prend sa retraite.

1909 Se retire au château Saint-Antoine.

1914. (22 Novembre) S’étant porté volontaire, Le Commandant de Robien prend le commandement du Bataillon..

1914 (25 décembre): affecté au 26ème régiment d’infanterie, avec le grade de Lieutenant colonel de réserve à titre temporaire.

1915 (5 janvier) : « tué à l’ennemi » à Roclincourt (Pas de Calais) (D’après le registre d’état civil du 14 avril 1815 de Marseille.)



Roclincourt est un village de la banlieue nord d’Arras, comptant 580 habitants en 1914, sur la ligne de la première Bataille de l’Artois (1e au 26 octobre 1914) et la ligne de stabilisation.

Voir la carte et deux photographies des champs de bataille, montées en cartes postales au bas de cette page

http://perso.wanadoo.fr/JLF.SITE/roclincourt.htm"; target="_blank" target="_new">http://perso.wanadoo.fr/JLF.SITE/roclincourt.htm;



Circonstances de sa mort :



1. D’après son fils : « le 6 janvier 1915, à Roclincourt (banlieue nord d’Arras, Pas de Calais), alors qu’il montait à l’assaut à la tête de ses hommes, il est tué par une grenade. »



2. D’après le carnet de guerre d’Henry d’Estre (5 janvier 1915):

« Le brave commandant de Robien, qui en raison de sa belle conduite venait d’être nommé au commandement d’un régiment de réserve qu’il aurait déjà dû rejoindre, avait demandé à garder quelques jours encore son beau bataillon. On se battait en effet dans son sous-secteur, et jusqu’au bout ce beau soldat voulait prendre part à la fête. Ce matin, tandis qu’il opérait une reconnaissance sous une pluie de pétards, ayant hasardé la tête hors de la tranchée, il est tombé aussitôt, la poitrine broyée par une bombe. C’était, je l’ai déjà dit en esquissant sa silhouette, un officier plein de bravoure et de calme. Cette dernière qualité est beaucoup plus rare, partant plus appréciable. On l’enterrera au cimetière de A... Le général de Maud’huy, commandant l’armée, viendra assister à ses funérailles et lui dira un vibrant adieu. »





Mais où donc a t’il été enterré ?



-À Roclincourt ?



Sur la route d’Écurie-Roclincourt qui se trouve à cheval sur la route d’Arras à Lille, il y a plusieurs cimetières, dont celui dit « de la route d’Arras » qui ont accueillent surtout des britanniques et autres alliés, car Roclincourt était juste à l’intérieur de la ligne de front britannique avant la bataille d’Arras de 1917. Les corps des autres soldats ont ensuite été déplacés.



http://www.silentcities.co.uk/cemeterya/Arras%20Road%20Cemetery,%20Roclincourt,%20Pas-de-Calais.htm"; target="_blank" target="_new">http://www.silentcities.co.uk/cemeterya/Arras%20Road%20Cemetery,%20Roclincourt,%20Pas-de-Calais.htm />


http://perso.wanadoo.fr/memoiresdepierre/alphabetnew/r/roclincourt.html"; target="_blank" target="_new">http://perso.wanadoo.fr/memoiresdepierre/alphabetnew/r/roclincourt.html />


- Au Cimetière d’Arras ?

" Le cimetière d’Arras, situé à l’est de la ville, restera sous le feu des combats durant toute la guerre. On enterre alors des civils dans le cimetière militaire français ouvert dans le faubourg ouest (770 soldats y étaient enterrés, aujourd’hui déplacés). A proximité, on ouvre un cimetière anglais utilisé de mars 1916 à novembre 1918 par les ambulances de campagne et les unités combattantes. Il sera agrandi après l’Armistice, par le regroupement de tombes provenant des champs de bataille d’Arras et de deux petits cimetières.



Le cimetière contient 2 689 tombes (1914-1918 : 2 681 tombes dont 2 398 britanniques, 153 canadiens, 60 sud-africains, 28 allemands. 1939-1945 : 8 tombes).



Le cimetière comporte également un mémorial au Royal Flying Corps (sur lequel figurent 1.021 noms, dont le major Edward Mannock, l’as des as de l’aviation britannique (73 victoires aériennes)). Ce mémorial se compose d’un obélisque surmonté d’un globe. Ce dernier, entouré des signes du zodiaque, représente le globe terrestre tel qu’il se trouvait dans l’espace le matin du jour de l’Armistice.

Le mur-mémorial comprend les noms de 35.928 noms de disparus du Royaume-Uni et d’Afrique du Sud. Les militaires dont le nom figure au mémorial ont participé à l’offensive déclenchée d’Arras par les britanniques au printemps 1917, et ont défendu cette ville une année plus tôt lors de l’offensive allemande. "

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Escaouprès Pas de trace de Robien à Reichshoffen
26/04/2006
15:23

On ne retrouve aucun Colonel de Robien à cette bataille.



Le colonel commandant le premier régiment cuirassiers de l’armée du Rhin était le Col. de Vandoeuvre.



Les autres régiments de cuirassiers présents à la bataille étaient commandés par les officiers suivants:



- Cmd de Régt. Col Rosetti Régiment de cuirassiers 2



- Cmd de Régt Col Lafuntsun de Lacarre † Régiment de cuirassiers 3



- Cmd de Régt Col Billet Régiment de cuirassiers 4





- Cmd de Régt Col Guiot de la Rochère Régiment de cuirassiers 8



- Cmd de Régt Col Waternau Régiment de cuirassiers 9



------------

Enfin, si vous vous demandiez comme moi ce qu’est un CUIRASSIER et quels rôle ils eurent dans cette bataille ....



CUIRASSIER FRANCAIS : " Pendant la bataille son rôle consiste à enfoncer les lignes de fantassins ennemies lorsque que celles-ci à court de munitions ou de temps pour recharger ne peuvent opposer de véritable résistance. Après la bataille il doit poursuivre l’ennemi en déroute pour continuer de l’affaiblir et empêcher son regroupement . Les 1er ,2em ,3 em , 4 em ,régiments de Cuirassiers faisant face aux canons ennemis ajouteront en fin de combat par leurs charges héroïques, mais inutiles, l’ultime panache à la charge des 8em , 9em, régiments de Cuirassiers et des 2em et 6em régiments de Lanciers tombés peut avant midi dans le village de Morsbronn .



Des 3888 fiers cavaliers des troupes d’élite, 1452 S/off et hommes de troupes ainsi que 103 officiers manqueront à l’appel le soir.

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Escaouprès Chateau du Foeil et le Baron Alain de Robien
26/04/2006
16:14

Suite au message d’Allaudien ci-dessus, et le village de Quintin dont nous parlait JJ30,



c’est un bonheur de trouver autant de détails sur la noblesse sur un site (en anglais certes mais on sait bien que la noblesse n’a pas de frontière)





sur ce site:



http://www.quantal.demon.co.uk/saga/nearby/mundanes.html#ChateauRobien"; target="_blank" target="_new">http://www.quantal.demon.co.uk/saga/nearby/mundanes.html#ChateauRobien />


Cliquez sur les liens des mots en bleus pour connaître cette captivante histoire de sorcellerie entre le Sieur Jean de Ploeuc et le Baron Alain de Robien (met at the house of Jourdain, in the tale of Witchcraft - but were thwarted by Brother Joseph and the Monks of the Hermitage.)





Je colle la partie concernant le chateau de Robien (au sens large d’origine).



----



Chateau de Robien



The Chateau de Robien sits about 2 km from Quintin and has extensive holding to the north and west of Quintin, as well as a number of more distant sub-manors. Baron de Robien also has interests in trading rights both in Quintin, and St. Brieuc.



The Barony is divided to support two Knights Banneret (of three Knights) at Corlay and le Fœil, and three Vassal Knights (St. Bihy, St. Gildas and le Vieux Bourg); and the main Manor of the Chateau and Carestremble and St. Eutrope.

Baron Alain de Robien



* Baron Alain - Lord of Robien

* Lady Marguerite de Robien, his wife

* Sir Doolin de Corlay, Knight Banneret of three Knights (Corlay)

* Sir Isore du Fœil, Knight Banneret of three Knights (Foeil)

* Sir Aymon, a Vassal Knight (St. Bihy)

* Sir Eustache, a Vassal Knight (le Vieux Bourg)

* Sir Fouqueret, a Vassal Knight (St. Gildas)







* Fr. Luc, chaplain to the Robien castle



Lord Alain is one of the rivals to Lady Marta de Plaintel, and seeks to use his influence to bring the Widow’s lands under his own. He is known to be pursuing legal actions to stake a claim to her lands, following the demise of her husband. So far, the wily Lady Marta has beaten off all his attempts. Sir Alain has a friendly rivalry with his neighbour Lord Gaidon de Quintin.



He was involved with Sir Jean de Ploeuc in a misguided attempt to levy charges against Lady Marta, of harbouring Witches followed by an attempt to use a Ducal warrant against her by force of arms, which backfired and resulted in a humiliating retreat for the Baron. He is currently still displeased with Jean de Ploeuc over this incident.



In Winter 1230, Lady Marguerite was faced with a bloodthirsty ghost, while her Lord was away, and was forced to ask help of the Scholars at Caribet. Her 2nd son, Louis (Br. Timothy of the Hermitage) was threatened, as the 7th son (male descendant) of her father Lord Raoul d’Avaugour. However, it turned out that her nephew Raould, son of Charles (now Lord d’Avaugor) had been born the same day, and the Hag/Faerie Lady was persuaded to accept him instead.



They married, and departed, presumably to live happily ever after.

Corlay



Sir Doolin de Corlay

Lord of the Manor, vassal to Baron Alain. A Knight Banneret with 3 knights to his banner.

Sir (1)

household knight

Sir (2)

household knight

Sir (3)

household knight



le Foeil



Sir Isore de Foeil

Lord of the Manor, vassal to Baron Alain,.A Knight Banneret with 3 knights to his banner.

Sir (1)

household knight

Sir (2)

household knight

Sir (3)

household knight



St. Bihy



Sir Aymon

Vassal Knight to Baron Alain de Robien



Le Vieux Borg



Sir Eustache

Vassal Knight to Baron Alain de Robien



St. Gildas



Sir Fouqueret

Vassal Knight to Baron Alain de Robien

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Lizbec Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
26/04/2006
19:21

Bravo pour cette synthèse !

" C’est celui de Reichshoffen !..." est ambigu : on peut/doit comprendre que "celui" ne désigne pas le Colonel, mais le Régiment : le célèbre "Premier Cuirassier"...

Aucun des patronymes trouvés dans cette recherche ne semble commencer par :" Jean de ...X ".

Alors, quelle est la source de Pagnol ? Il a probablement lu le livre écrit par le fils De Robien ... et avait besoin pour des raisons romanesques d’opposer la "vraie noblesse" généreuse et héroïque du comte, aux "gros propriétaires", "nouveaux riches" arrivistes et mesquins : Le prétendu "Baron des Accates",en fait, boucher appelé "Canasson"(le "Baron d’agneau"!).(Relire la tirade de Joseph sur la construction des murs, dans "La gloire de mon Père"):



A côté des Accates et bordé par le canal se trouvait le château Vaudran construit en 1880 par Mr Jouvin, constructeur de bateaux.Il fit ceindre son immense domaine, (actuellement cimetière),par un mur de plusieurs km, travail titanesque à cause du relief très accidenté. Le garde de ce territoire très giboyeux, et très privé, était un personnage redouté des chasseurs et des braconniers !:

Autre source de Pagnol ?

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
26/04/2006
20:26

Hello la compagnie

boudiou que ca avance !



Jean de X ... Ne faut til pas le cnsiderer comme Esmenard Victor, c’est à dire une liberté de Pagnol pour preserver la paix dans les ménages. (Il prefère rendre anonyme) avec quelques exceptions comme lili, Paul et Germaine.

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Escaouprès Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
27/04/2006
03:32

Excellent, Liszbec!

Très pertinentes remarques et hypothèses très plausibles, connaissant la liberté de Pagnol, son génie du mélange habile, savament dosé comme un " Picon-citron-curaçao "



"

- Tu mets d’abord un tiers de Souvenirs d’enfance, fais attention : un tout petit tiers.

- Bon maintenant, un tiers d’histoire-géo, un peu plus gros.

- Bon, ensuite, un BON tiers de Romance.

Regarde la couleur. Regarde comme c’est joli.

Et à la fin, un GRAND tiers de Soleil de Provence. Voilà "



Nous l’avons souvent comparé à la production d’un rêve Freudien par le dormeur (fusion/condensation/déplacement)qui fait de Pagnol un maître de la mise en scène et des fondus enchaînés, et surtout, une grande élégance dans la censure, comme le rappelle Allaudien.



Déplacement : Mettre un nom (de lieu ou personne)pour un autre.



Fusion : réunir les traits appartenant à plusieurs

personnages (historiques ou réels)dans un seul.



---------

Aucun des patronymes trouvés dans cette recherche ne semble commencer par :" Jean de ...X ".

Alors, quelle est la source de Pagnol ?

---------



Hé oui! Encore et toujours cette "source" qui ne s’avoue même pas au moment de mourir.

C’est sans doute le Jean de... Florette, un autre noble à la campagne (rire).



Au sujet du Baron des Accates, la discussion est ici: Baron des Acates (Le Chateau): qu’est-ce que c’est?

http://www.marcel-pagnol.com/fr/forum/voirsujet.php3?postid=1766&boardid=1"; target="_blank" target="_new">http://www.marcel-pagnol.com/fr/forum/voirsujet.php3?postid=1766&boardid=1;

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Lizbec Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
27/04/2006
14:34

Rectificatif après re-relecture ! :

"J’oublie facilement cette balafre : ce fut le dernier coup de lance d’un uhlan, dans une houblonnière en Alsace, il y a près de trente-cinq ans..." (La château de ma mère)

Pagnol ne laisse ici aucune ambiguité : le colonel a bien combattu en personne à Reichshoffen (en 1870), où il été blessé..

Par ailleurs,l’histoire de Saint Menet témoigne de ces querelles fréquentes pour la possession des terres, entre la noblesse traditionnelle et les gros commerçants ou industriels, qui ont fini par l’emporter en faisant parfois disparaitre toute trace des Bastides historiques....

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Escaouprès Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
27/04/2006
15:58

J’avais relu ce passage la semaine dernière.



La phrase est courte et précise (dernier coup de lance), ce qui sous-entend que le colonel a donc abattu un uhlan (voir photos et gravures d’époque sur les liens ci-dessous) mais que n’a pu parer (défaut habituel de la cuirasse du cuirassier) tout à fait sa lance qui lui a glissé sur toute la joue en atteignant l’oeil.



D’ailleurs, Marcel nous confirme sa participation à la bataille de Reichshoffen, quand il relate que Joseph offrit au Colonel un vieux livre sur la bataille, écrit par un journaliste, que celui-ci s’empressa de critiquer, au point d’écrire un rectificatif...



Notre colonel est donc nettement plus âgé que Guy de Robien.



ici une charge de la cavalerie Prussienne

http://napoleonuniforme.free.fr/nouveau_fichier17.html"; target="_blank" target="_new">http://napoleonuniforme.free.fr/nouveau_fichier17.html />


http://uhlan.chez-alice.fr/sommaire.html"; target="_blank" target="_new">http://uhlan.chez-alice.fr/sommaire.html />
http://members.aol.com/bkostel4/Cavalry/Uhlan.html"; target="_blank" target="_new">http://members.aol.com/bkostel4/Cavalry/Uhlan.html />
http://uhlan.chez-alice.fr/UHLAN11/french-password/pres0002.html"; target="_blank" target="_new">http://uhlan.chez-alice.fr/UHLAN11/french-password/pres0002.html;

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Escaouprès Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
27/04/2006
16:27

A propos des houblonnières d’Alsace, et du casque de cuirassier, jugé instable et peu protecteur, on voit que Pagnol était fort bien renseigné, comme toujours!



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http://armae.com/contemporain/141casques.htm"; target="_blank" target="_new">http://armae.com/contemporain/141casques.htm />


Sous le Premier Empire, les Cuirassiers français ont forgé une légende de gloire, que les défaites héroïques de 1870 n’ont fait que renforcer en réalité. Les charges grandioses des Cuirassiers de Napoléon III dans les houblonnières d’Alsace ont perpétué le mythe des cavaliers bardés de fer, comme lors de la célèbre charge de Reichshoffen (en fait à Morsbronne-les-Bains), le 6 août 1870, où quatre régiments furent taillés en pièce par l’artillerie prussienne.



Pièce emblématique du Cuirassier, le casque est très proche de son ancêtre du début du XIXe siècle. Le modèle 1858 remplace la version adoptée en 1845, qui présentait une bombe trop haute, et qui avait l’inconvénient de déséquilibrer le casque vers l’arrière. Le nouveau modèle possède une bombe en acier recouverte en partie par un turban de peau de vache noire, lacé sur l’arrière. La bombe est surmontée d’un cimier de cuivre jaune, orné latéralement de motifs estampés et, sur l’avant, d’une tête de méduse et une grenade au relief très marqué. Le sommet du cimier est fermé, excepté à sa base, d’où émerge une crinière de cheval noir d’une longueur réglementaire de 75 cm. Au sommet, une lentille est fixée d’où jaillit un marmouset écarlate. Les jugulaires sont en cuir verni et recouvertes de faux anneaux de cuivres. À gauche du casque se trouve un porte-plumet pour une aigrette de parade courte en plumes de coq rouges.

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Escaouprès Les deux fameuses charges des cuirassiers ce jour là
27/04/2006
16:56

Le prénom "Jean" est peu utile à nos recherches de militaires, fussent-ils nobles, on ne mentionne presque jamais les prénoms des officiers dans les annales de guerre....



Deux brigades de cuirassiers se sont distingués par leur charges:



1. brigade de cuirassiers Michel.

Charge inutile ! Hachée par l’artillerie prussienne placée sur les hauteurs de Gunstett, les cavaliers se font décimer et, bloqués par des chariots mis en travers de la rue principale de Morsbronn, les survivants sont massacrés par des tireurs prussiens embusqués dans les maisons (cf. tableau d’Édouard Detaille ci contre).



2. brigade de cuirassiers Bonnemains.

La situation des Français devient critique. Mac Mahon décide alors la retraite vers Reichshoffen et pour protéger son mouvement, il fait donner la brigade de cuirassiers Bonnemains. Cette seconde charge s’avère aussi vaine et meurtrière que la précédente. Lourdement harnachés, les cuirassiers s’élancent sur un terrain vallonné coupé de vignes et de houblonnières et se font tailler en pièces par l’artillerie ennemie ou les tireurs embusqués.





http://mapage.noos.fr/jflecaillon/Pages/cartes.htm#Froeschwiller"; target="_blank" target="_new">http://mapage.noos.fr/jflecaillon/Pages/cartes.htm#Froeschwiller />
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Reichshoffen_(1870"; target="_blank" target="_new">http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Reichshoffen_(1870) />


" Le terrain était parsemé de vignes et de houblonnières depuis lesquels des élément Prussiens embusqués engagèrent le combat. Après avoir bousculé ces éléments, les cuirassiers pénètrent dans Morsbronn par le nord, essuyant un feu nourri venant des maisons où les Prussiens s’étaint retranchés. Continuant leur charge, ils arrivèrent à la bifurcation de la rue principale du village. Les uns se dirigent à gauche vers la route de Woerth-Haguenau, la majorité des autres, trompés par la largeur de la rue, s’y engagèrent au grand galop. Se rétrécissant progressivement jusqu’à l’église, cette rue devient une souricière où les cavaliers s’entassent pêle-mêle et deviennent la cible facile des tireurs prussiens. A leur tour, les deux escadrons du 6e lanciers s’engouffrèrent par le nord dans Morsbronn où ils subirent le même sort que les cuirassiers. En peu d’instants, ces escadrons furent anéantis."



----

Ainsi, ces houblonnières sont devenues une image d’épinal...



Le premier cuirassier ne semble pas avoir retenu l’attention du web, mais pour finir, voici une belle page à lire sur la charge du 1er et 4e cuirassier, avec un portrait du fameux général de Bonnemains



http://www.military-photos.com/reischoffen.htm"; target="_blank" target="_new">http://www.military-photos.com/reischoffen.htm />


Pour moi, une fois de plus, j’en reste à une reconstitution épique par Marcel Pagnol du personnage, comme ces (faux) souvenirs-écrans des psychanalysés qui viennent masquer un " trou " ou un refoulement.



fin de l’épisode



Cordialement

Fernand

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JJ30 Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
27/04/2006
22:56

Ma dernière intervention ici ayant suscité des questions, je vais essayer d’apporter quelques précisions avec l’aide du livre de De Robien fils:

1)Les photos de Guy de Robien qui sont sur mon blog sont bien issues du livre de son fils; celui-ci en compte deux. Visiblement, le colonel n’a pas de balafre qui lui traverse le visage, simplement celui-ci est assez émacié, son nez un peu tordu.

2) Lors de ma balade dans le parc du château, je n’ai pas vu de chapelle, mais seulement des traces de ruines de petits bâtiments qui pouvaient avoir été à usage agricole (voir ma transcription du livre). De Robien fils dit que son père "monte à la chapelle"; celle-ci devait être à l’intérieur du château, certainement à l’étage.

3) Nulle part dans le livre il n’est fait allusion au 1er régiment de cuirassiers. Guy de Robien a été muté plusieurs fois et a donc changé de régiment, mais il n’a jamais commandé dans celui-ci.

4) Guy de Robien a été enterré au cimetière d’Anzin Saint-Aubin, petit village à proximité de Roclincourt et d’Arras (source, le livre), son cercueil ayant été descendu dans la tombe tenu par les ceintures de ses zouaves.



Remarque personnelle : Lorsqu’il parle de sa première rencontre avec le comte, le petit Marcel parle d’un "grand homme appuyé sur une canne". Il semble improbable qu’un tel homme ait été réintégré dans l’armée pour commander une compagnie au combat. De plus, dans son livre, son fils dit qu’il arpente tous les jours son domaine dans tous les sens, "... parcourant à grands pas ses prairies et ses vergers". On voit mal un homme s’appuyant sur une canne faire ceci tous les jours !

Concernant l’âge du comte, il y a longtemps que j’avais fait le calcul et trouvé comme Lizbec qu’il ne pouvait avoir été à Reichshoffen. Ce n’est donc bien sûr pas lui que le petit Marcel a croisé ce jour-là, mais un homme pour l’instant inconnu (le précédent propriétaire ?).

Je reste persuadé que Marcel Pagnol a fait un personnage en mélangeant deux personnes : l’homme qu’il a réellement vu (avec ses yeux d’enfant) et le comte De Robien, dont la personnalité a apparemment rayonné sur la vallée le temps qu’il a habité à Saint-Antoine (dixit son fils). Puisqu’il allait régulièrement à La Treille, Marcel en a certainement entendu parler et s’en est servi pour rehausser la personnalité du comte au roses du Roy. N’oublions pas que même s’il est autobiographique, ce livre n’en reste pas moins un roman. Marcel Pagnol avait toute liberté d’écriture et ne s’en est pas privé (cf. la mort de Lili).

La piste De Robien ayant été profondément explorée, une autre s’ouvre aujourd’hui : qui habitait le château auparavant ?.

A moins que, dernière hypothèse pour l’instant jamais évoquée, le premier des quatre châteaux ne soit pas le château Saint-Antoine, même s’il est toutefois bien placé !! Je rappelle, ainsi que je l’ai déjà relaté lors de ma visite dans le parc, que le château est absolument invisible depuis le canal, une colline se trouvant entre les deux.

Bon, ben, il y a du boulot !

J-J

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
28/04/2006
21:49

Le château de Robien avait une chapelle, oui certes mais quel château ?

Celui de Saint Menet, sans doute mais pas de traces



Celui de Quintin en bretagne avait une chapelle, également.

N’y a t’il pas une erreur de dénomination et de localisation lorsque l’on parle ou lit à propos du château robien ?

Pour remettre les choses en place, vous me corrigez, le Château de Robien est en bretagne. Le Château Saint Antoine est à Saint Menet, lorsque il est fait référence à la chapelle, ce serait le chateau de bretagne, le personnage ne serait alors pas le même homme.



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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
28/04/2006
22:22

J-J dans la généalogie, je ne trouve pas de Guy qui soit né d’un Paul Frédérique Marie de Robien.

Ce dernier serait il bien né le 18 février 1822 à Laval et décédé le 18 septembre 1876 à Robien.

Je lui trouve comme descendance Paul (marquis de robien), Jeanne, Marguerite et Henry. Mais pas de guy par la suite.



Par contre Henry de Robien a eu comme fils Jean de Robien, et comme petit fils Gilles de Robien...



Bémol, le fichier de généalogie sur lequel je suis comporte des erreurs. En passant du père au fils, il arrive que l’on change de famille, et c’est justement le cas au niveau ou je recherche le nom de Guy de Robien. Allez zou patience

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JJ30 Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
28/04/2006
22:28

Je ne comprends pas cette confusion Allaudien ! Personne n’a écrit le château De Robien. Lorsqu’on parle de la chapelle, on parle bien évidemment de celle du château Saint-Antoine, celle qui contenait la statuette de Saint-Antoine de Padoue.

C’est de cette chapelle dont parle De Robien fils dans son livre, au chapitre décrivant le château Saint-Antoine justement (" ... il monte à la chapelle").

J-J

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Lizbec Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
28/04/2006
23:51

Merci JJ pour toutes ces mises au point !



Ces discussions apportent au moins une certitude : Pagnol situe bien la scène de la rencontre avec le "comte" en 1905 (35 ans après Reichshoffen)...Le domaine s’appelait donc encore "La Rousse" et appartenait à un dénommé "Joseph Blanc" depuis 1894 ...Je n’ai rien pour l’instant sur cet inconnu..et avec un patronyme aussi banal...ça ne va pas être facile!



La logique réaliste du "raccourci", comme nous l’avons déjà évoqué, impliquerait l’usage de la porte Nord du canal, sur la petite route d’Aubagne(future Montée de Robien) : direction opposée au parc du château (porte Sud)...



Bref la logique romanesque semble résister fermement à nos tentatives de décryptage !

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
29/04/2006
01:19

A Cuges aussi Saint Antoine de Padoue ...



Saint Antoine de Padoue



Depuis 7 siècles, Cuges a un rapport privilégié avec Saint Antoine de Padoue.



En effet, en 1350, les Cugéens et Cugéennes étaient en liesse car ils venaient de recevoir des mains du connétable Guy de Monfort une partie du crâne de Saint Antoine dont les restes venaient d’être exhumés et placés dans la basilique de Padoue en Italie.



Pourquoi cet honneur pour ce petit village provençal ? Hé bien, parce qu’en 1348, lorsque Guy de Monfort (arrière-petit-fils de Saint-Louis) avait été désigné par le Pape pour aller en Italie, il avait du traverser Marseille ravagée par la peste noire. Le village relais entre Marseille et Toulon était Cuges. Là, Guy de Monfort, gravement malade, a du s’aliter plusieurs semaines dans l’auberge du village. Tous les habitants du village se sont, sans cesse, relayés pour prier pour lui et le soigner. Ils s’occupèrent également de toutes les personnes qui l’accompagnaient.

Guy de Monfort, sauvé et reconnaissant, fit la promesse que la relique de Saint Antoine destinée à la France (une partie du crâne : l’os principal) serait confiée à l’église de Cuges.



La suite : http://www.cuges-les-pins.fr/histoire.php?mn=6&num=2"; target="_blank" target="_new">http://www.cuges-les-pins.fr/histoire.php?mn=6&num=2;

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
29/04/2006
01:23

A voir aussi



JOUVE ETIENNE L’arrière-boutique de saint Antoine à Toulon et le pain des pauvres - Récit d’un témoin

Paris, Retaux, 1896.



http://www.antiqbook.be/boox/lez/H43893.shtml"; target="_blank" target="_new">http://www.antiqbook.be/boox/lez/H43893.shtml;

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Escaouprès Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
30/04/2006
05:28

Superbes vues aériennes du Château de Robien (Le Foeil)



http://francefromtheair.free.fr/affichage2.php?img=213"; target="_blank" target="_new">http://francefromtheair.free.fr/affichage2.php?img=213 />


http://groups.msn.com/isapi/fetch.dll?action=MyPhotos_GetPubPhoto&PhotoID=nEgAAAIgE*R2PnS7dA6IsJ!OdHQdqaGzgc69DcA*3ej0SfP!4h1xltw"; target="_blank" target="_new">http://groups.msn.com/isapi/fetch.dll?action=MyPhotos_GetPubPhoto&PhotoID=nEgAAAIgE*R2PnS7dA6IsJ!OdHQdqaGzgc69DcA*3ej0SfP!4h1xltw />

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Escaouprès Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
30/04/2006
06:43

Ce nom de "Comte Jean de X... "

est-il réel ou fictif, on ne le saura sans doute jamais.



Il y a bien eu un Jean de Robien, mais qui avait l’âge du petit Paul, frère de Marcel Pagnol.



Ce Jean de Robien ("Jean" Henri Marie) est né le 23 octobre 1899 à Huisseau-sur-Mauves,45,Loiret, France. Mais son père, Henry (Auguste Marie)de Robien, était bien né au château de Robien, Le Foeil, le 12 juin 1864.

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
30/04/2006
12:22

Ce Jean de Robien là, fils de Henry de robien,est dans la lignée de l’actuel ministre.



Comte Jean de X, de même que Baulaudier, ou Lagneau sont non pas fictifs, représentent des prete-noms comme Pagnol sait le faire.

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Escaouprès Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
30/04/2006
15:04

Je dis "noms fictifs" et non pas "personnages fictifs".



Berlaudier, Lagneau et compagnie sont des NOMS "fictifs", car inventés par Pagnol, qui met en scène ses souvenirs d’enfance, en bon homme de théâtre.



Quant aux personnages qu’il a ainsi désigné, ils nous sont tellement familiers que nous les reconnaissons, soit pour les avoir rencontrés nous-mêmes dans notre enfance, soit pour les avoir adoptés comme un mythe.



Mais, pour ce de Jean de X... je me pose en plus du prénom, la question de son existence en tant que personnage, celui de héros balafré de Reichshoffen. Il y me semble y avoir, masqué par celui des les roses du Roy, comme un parfum de Landolfi. Mais peut-être bien que si?



Ce n’est peut-être pas un hasard si les personnages que Pagnol a affublé d’un nom fictif, sont également assez loin de leur condition dans la réalité, comme Lagneau par exemple, qui était loin d’être ce mauvais élève qui copiait sur lui, et surtout pas fils de riche...



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JJ30 Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
30/04/2006
17:21

Allaudien, l’arbre généalogique donné en fin de livre est formel : Guy de Robien, "notre colonel", est le fils de Paul-Frédéric-Marie, marquis de Robien et de Hélène de Coëtnempren de Kersaint. Il a eu pour frères Paul-Charles-Marie, marquis de Robien (marié à Marie de la Forest d’Armaillé) et Henry de Robien, comte de Robien (marié à Marie-Thérèse de Bizemont). Il aurait eu donc aussi deux soeurs, Jeanne et Marguerite, mais le livre ne mentionne que la descendance masculine.

J-J

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allaudien Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
30/04/2006
18:01

Merci J-J



J’ai simplement demandé confirmation, car je n’ai effectivement pas trouvé que Guy avait comme frêre et soeurs

Paul marquis de Robien 1864 -> ???? Trois enfants dont le dernier est décédé en 1965

Jeanne 1855 -> ????

Marguerite 1861 -> 1944 Onze enfants

Henry 1864 -> ????



Mais Guy ne figure donc pas comme enfants du Marquis Paul Frédérique et d’Hélène-Marie, mariès le 27 juillet 1853 à Paris (75).



Guy de Robien est selon l’arbre généalogique du livre issu d’une famille de 5 enfants.



Ensuite j’ai effectivement trouvé que Henry de Robien est (serait) le grand-père de Gilles de Robien et de son frère François.

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JJ30 Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
02/05/2006
01:08

"La chapelle du château renferme la statue miraculeuse de Saint-Antoine de Padoue qui avait été, à Toulon, à l’origine de la dévotion du Pain des pauvres ... La fondatrice de cette oeuvre, touchée par la foir profonde de ce Breton, lui avait légué avant de mourir la précieuse relique."

Voici l’histoire de cette relique et de la création du Pain des pauvres, la fondatrice en question se nommant Louise Bouffier !



"En ce qui concerne la France, une réflexion s’impose. Chez les autres nations catholiques, le culte antonien n’a connu ni déclin ni interruption, du xiiie siècle jusqu’à nos jours. Il n’en est pas de même en France, ce pays des révolutions politiques. Dans la sanglante orgie de 93, les autels du thaumaturge furent profanés et détruits. Après le concordat de 1802, ils furent longtemps laissés dans l’ombre : il y avait tant de ruines à relever ! Ce n’est que de nos jours, au déclin de ce XIXe siècle si troublé et comme l’annonce d’une aube radieuse pour le siècle suivant, que son culte s’épanouit de nouveau au soleil et reconquiert son ancienne popularité.

Le mouvement est parti d’un modeste oratoire de Toulon, pour s’étendre en un clin d’œil à toute la France. Pourquoi Dieu a-t-il choisi Toulon pour en faire le théâtre de ses faveurs ? C’est le secret de sa miséricorde. Ne cherchons point à le lui ravir ; efforçons-nous plutôt de mériter ses bienfaits. A Dieu toute gloire ! A saint Antoine de Padoue toute reconnaissance !

Une jeune fille de Toulon, Mlle Louise Bouffier, avait eu la pensée de se consacrer à Dieu sous la bure des Carmélites. Obligée d’y renoncer pour soutenir ses parents, elle s’en dédommagea en consacrant tous ses moments de loisir à l’Œuvre des missions étrangères. Une faveur, obtenue par l’intercession de saint Antoine, éveilla dans son cœur un profond sentiment de reconnaissance. La statue du thaumaturge fut, ce jour-là même, érigée dans un angle de l’arrière-boutique de la Toulonnaise, et présida dès lors aux labeurs de la petite ruche ouvrière. Ce fut l’origine de grâces sans nombre et de merveilles qui éveillèrent l’attention publique. Celle qui rêvait d’être une fille de sainte Thérèse est ainsi devenue la propagatrice du culte de saint Antoine. C’est une autre vocation non moins belle. Mais laissons-la nous redire elle-même, dans sa langue naïve et imagée, les commencements et les rapides progrès d’une dévotion si opportune, si réconfortante.



" MON RÉVÉREND PÈRE,

Vous désirez savoir comment la dévotion à saint Antoine de Padoue a pris naissance dans notre ville de Toulon. Elle s’est développée comme toutes les œuvres du bon Dieu, sans bruit, sans fracas et dans l’obscurité. Il y a environ quatre ans, je n’avais aucune connaissance de la dévotion à saint Antoine de Padoue, si ce n’est que j’avais entendu dire, vaguement, qu’il faisait retrouver les objets perdus, quand on l’invoquait.

" Un matin, je ne pus ouvrir mon magasin ; la serrure à secret se trouvait cassée. J’envoie un ouvrier serrurier, qui porte un grand paquet de clefs et travaille environ pendant une heure ; à bout de patience, il me dit : " Je vais chercher les outils nécessaires pour enfoncer la porte ; il est impossible de l’ouvrir autrement. " Pendant son absence, inspirée par le bon Dieu, je me dis : Si tu promettais un peu de pain à saint Antoine pour ses pauvres, peut-être te ferait-il ouvrir la porte sans la briser. Sur ce moment l’ouvrier revient, amenant un compagnon. Je leur dis : " Messieurs, accordez-moi, je vous prie, une satisfaction. Je viens de promettre du pain à saint Antoine de Padoue pour ses pauvres ; veuillez, au lieu d’enfoncer ma porte, essayer encore une fois de l’ouvrir; peut-être ce Saint viendra-il à notre secours. " Ils acceptent, et voilà que la première clef qu’on introduit dans la serrure brisée, ouvre sans la moindre résistance et semble être la clef même de la porte. Inutile de vous dépeindre la stupéfaction de tout ce monde ; elle fut générale. A partir de ce jour, toutes mes pieuses amies prièrent avec moi le bon Saint, et la plus petite de nos peines fut communiquée à saint Antoine de Padoue, avec promesse de pain pour ses pauvres.

" Nous sommes dans l’admiration des grâces qu’il nous obtient. Une de mes amies intimes, témoin de ces prodiges, lui fit promesse instantanément d’un kilo de pain tous les jours de sa vie, s’il lui accordait, pour un membre de sa famille, la disparition d’un défaut qui la faisait gémir depuis vingt-trois ans ; la grâce fut bientôt accordée, et ce défaut n’a plus reparu. En reconnaissance elle acheta une petite statue de saint Antoine de Padoue dont elle me fit présent, et nous l’installâmes dans une toute petite pièce obscure, où il faut une grande lampe pour y voir. C’est mon arrière-magasin. Eh bien ! le croiriez-vous, mon Révérend Père ? Toute la journée cette petite chambre obscure est remplie de monde qui prie, et avec quelle ferveur extraordinaire ! Non seulement tout le monde prie, mais on dirait que chacun est payé pour faire connaître et répandre cette dévotion, " C’est le soldat, l’officier, le commandant de marine qui, partant pour un long voyage, viennent faire promesse à saint Antoine de 5 francs de pain par mois, s’il ne leur arrive aucun mal pendant tout le voyage. C’est une mère qui demande la guérison de son enfant, ou le succès d’un examen ; c’est une famille qui demande la conversion d’une âme chère qui va mourir et ne veut pas recevoir le prêtre ; c’est une domestique sans place, ou une ouvrière qui demande du travail, et toutes ces demandes sont accompagnées d’une promesse de pain si elles sont exaucées.

" Ce qui surtout a donné le plus de développement à cette chère dévotion, c’est un article ironique que le journal impie de notre ville a inséré dans ses colonnes ; cet article était à mon adresse et me dénonçait au public comme coupable d’entretenir la superstition dans notre ville. . Je me suis réjouie en le lisant, et ce que j’avais prévu est arrivé ; d’un petit mal Dieu a tiré un grand bien. Il est si puissant et si bon ! "

C’est ainsi qu’est née, d’un acte de foi, l’Œuvre du Pain de saint Antoine, et que l’aspirante Carmélite est devenue l’intendante de l’aimable thaumaturge, la propagatrice de son culte et la servante des pauvres. Nulle préméditation, nulle intrigue ; tout sous une inspiration divine. La fervente Toulonnaise n’a pas varié dans le récit de l’origine de cette dévotion. " Vingt fois, écrit le P. Marie-Antoine, elle m’a affirmé que lorsqu’elle s’est mise à genoux pour demander le miracle, une inspiration subite et comme une voix intérieure lui ont dicté ces mots : Du pain pour vos pauvres !— Mots que je n’avais jamais prononcés, ajoute l’intendante, et auxquels je n’avais jamais pensé. Et voilà que tout à coup ils sont venus s’emparer de mon esprit, de mon cœur, et j’ai compris qu’il fallait se servir de cette formule pour obtenir le miracle. Je m’en suis servie, et le miracle s’est accompli. "

C’était le 12 mars 1890, date mémorable dans l’histoire de la charité toulonnaise. A partir de ce jour, l’arrière-boutique de la rue Lafayette est convertie en oratoire, les pèlerins affluent, les faveurs célestes se multiplient ; et par une conséquence logique, les offrandes abondent, le billet de banque du riche à côté du billon de l’ouvrière, le tout au profit des déshérités de ce monde. " Ce qui fait la force de notre Œuvre, écrit trois ans après l’intendante de saint Antoine, c’est la prière, ardente et spontanée. Trois fois par jour, nos mille vieillards et orphelins élèvent les bras en croix, remercient avec effusion le grand Saint qui veille sur eux, et le supplient de leur procurer encore du beau pain blanc.

L’heureuse servante des pauvres,Louise BOUFFIER "





On sait que la statuette a fini dans la chapelle du château. Qu’est-elle devenue ensuite ? Le saura-t-on un jour ?

J-J

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Olivier Engel Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
09/10/2006
16:26

Bonjour à Toutes & Tous,



C’est seulement la seconde fois, en quelques mois, que je prends la parole sur ce forum.



C’est avec un très grand intéret que j’ai lu cet échange tendant à identifier le "Comte Jean de X", celui des "Roses du Roy".



Pour résumer, je pense que l’on peut tirer de ce débat les conclusions suivantes :



- il est possible, et même probable, que ce nom de Jean de X ait été inventé par Marcel, afin de ne pas révéler la véritable identité du Comte,



- le récit étant suffisament détaillé sur ce point, on ne peut pas, je pense, douter du fait que le personnage soit réellement un "ancien combattant" de la bataille de Reichshoffen. Il ne peut donc, dans ce cas, s’agir de Guy de Robien.

J’ai visité voici une vingtaine d’années le musée de la bataille de Reichshoffen, à Woerth, et, me souvenant de cet épisode des Souvenirs d’Enfance, j’avais été particulièrement attentif à ce qui concerne le 1er Cuirassier : il n’y est fait aucune mention d’un quelconque "Colonel Jean de X"...



- il est démontré qu’à la période concernée, le château de La Rousse était la propriété de M. Joseph Blanc, et non celle du comte de Robien, qui n’en fit l’acquisition qu’en 1909.



Je sais "qu’avec des si, on pourrait mettre Paris dans une bouteille", mais je me suis livré à quelques reflexions :



- Même si beaucoup d’officiers à cette époque, et même plus tard -et c’est particulièrement vrai dans la cavalerie-, étaient issus d’anciennes familles nobles, ce n’était cependant pas un automatisme... "Comte Jean de X", surtout concernant un châtelain et ancien officier, sonne beaucoup mieux, dans un roman, qu’un prosaïque "Pierre Martin" ou "Jacques Dupont"...

Le Colonel ne pourrait-il pas être le réel propriétaire, Joseph Blanc, dont on ne sais rien, et que Marcel aurait "rebaptisé" pour les besoins de la cause ? Il serait à mon avis intéressant de consulter un Annuaire de l’Armée, aux alentours des années 1870, pour vérifier si un officier de ce nom ne figurait pas parmi les cadres du 1er Rgt de Cuirassiers, sans en être pour autant le chef de corps...



- L’habitant d’un immeuble n’en est pas nécessairement le propriétaire. Le "Comte" ne pourrait donc t’il pas être un parent ou le locataire de Monsieur Blanc ? C’est bien sûr, beaucoup plus difficile à vérifier.



Ce ne sont que des hypothèses, mais qui, je pense, méritent d’être explorées.



Bien amicalement.



Olivier ENGEL.

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rouldug Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
29/07/2007
19:33

Ca ne colle pas du tout.



Il s’agit du Colonel de ... au 1er régiment de cuirassé qui a fait la guerre de 70 et a participé à la bataille de Reichhoffen de 1870 qui a scellé la défaite de Sedan.



Votre Robien a du racheté la maison saint Antoine après le décès du vieux colonel en question.



Et selon mes déductions, il s’agirait du colonel de Vandoeuvre.

source : http://woerth-en-alsace.com/franc/comparmefranc.htm"; target="_blank" target="_new">http://woerth-en-alsace.com/franc/comparmefranc.htm;

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fred83 Re: Guy de Robien et le château Saint-Antoine
10/08/2007
14:37

Bonjour,



Effectivement, si on tient compte du fait que ce serait le 1 er cuirassier de la bataille, ce serait le Colonel De Vandoeuvre.



Maintenant, il faudrait trouver des infos sur ce monsieur. Sur internet, je n’ai rien trouvé... Il faudrait voir dans des archives, mais là je ne connais pas grand chose...



F r e d

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