Historien

"La Princesse aurait donc reçu cet inconnu et l'aurait envoyé à son frère avec une lettre de recommandation ? C'est parfaitement invraisemblable !" Marcel Pagnol

Dans les années 60, Marcel, depuis toujours passionné d'histoire, se plonge dans l'énigme du Masque de fer. Il est persuadé que son œuvre d'historien le fera passer à la postérité, plus que ses romans ou ses films.

Le masque de fer

Essai historique. Monte-Carlo, Pastorelly, 1964. Édition remaniée sous le titre Le Secret du Masque de fer, ibid., 1973.

Edition originale

Paris, Editions de Provence, 1964.

Résumé

Etude historique scrupuleuse et très documentée sur le mystérieux personnage emprisonné par Louis XIV durant toute sa vie. Avec l'aide d'amis académiciens en poste au Vatican, Marcel Pagnol pense avoir percé le mystère : le Masque de Fer n'était autre que le frère jumeau du roi. Ce qui explique cet acharnement et ce masque qui cachait un visage identique au visage royal. Publié en 1965 Marcel Pagnol l'a repris en 1973 sous le titre "LE SECRET DU MASQUE DE FER" ayant trouvé d'autres éléments pour étayer sa thèse.

Le roi trouve bon que vous passiez des îles à la Bastille avec votre ancien prisonnier, prenant vos précautions pour empêcher qu'il ne soit vu ni connu de personne." Il s'agit donc d'un visage connu et il y a, dans les lettres citées plus haut, un phrase très remarquable. A la veille du départ pour la Bastille, le ministre écrit : "En prenant vos précautions pour qu'il ne soit vu ni connu de personne". Est-ce que "connu" n'a pas ici le sens de "reconnu"? Les manuels de philosophie, au lycée, nous ont dit : "Connaître, c'est reconnaître." De plus, lorsque je dis que cet homme est connu, ce n'est peut-être pas assez dire. Que l'on cache ce visage sous le masque et dans une litière aux approches de Paris, qu'on le cache à Lauzun, à du Junca, au médecin de la Bastille, cela prouve qu'il doit être connu à Paris. Qu'on le cache avec tant de précautions au vieux curé d'Exiles, aux sentinelles, aux soldats de l'escorte, aux paysans provençaux que l'on pourrait rencontrer sur la route, entre Exiles et Sainte-Marguerite, qu'on le cache aux paysans du Palteau, c'est la preuve que ce visage est célèbre. A une époque sans photographies, sans journaux illustrés, sans cinéma et sans télévision, le seul visage reconnaissable partout, c'était celui du roi, que tout le monde avait dans sa poche, sur les pièces de monnaie.