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2009 Lauréat : Agnès De Sarthe pour "Le Remplaçant" (Edition de l'Olivier)

Le Prix Marcel Pagnol 2009 a été décerné à Agnès Desarthe pour son livre "Le Remplaçant" paru aux Editions de l'Olivier.
La remise du prix s'est déroulée le 4 Juin dans le salon Raimu du Fouquet's, avec le soutient de Neuflize OBC, du groupe Fouquet's Barrière et de Marcel Pagnol Communication.

Agnès Desarthe est née à Paris en 1966.
Considérant très tôt le français comme une langue étrangère - car chez elle on parle l'arabe, le russe et le Yiddish - elle tente de l'apprivoiser en écrivant des poèmes qui font pleurer sa mère, des histoires qui enorgueillissent son père.
Malgré une orthographe souvent défaillante, elle parvient à suivre des études de lettres, puis d'anglais.


La traduction est son premier métier. Les livres pour enfants viennent ensuite, les romans, les chansons, les scenarii, les pièces de théâtre. Arrivée à l'âge où l'on commence à fatiguer, elle mène ces diverses et trop nombreuses activités de front, ce qui la rend parfois folle.
Elle danse beaucoup, et jardine vigoureusement.


Jugée tantôt trop douce, tantôt trop cruelle, elle se verra jusqu'au bout comme une immigrée dans la république des lettres.
En écrivant, elle cherche à rendre compte du chaos qui la stupéfie, de la violence qui la cloue et l'empêcherait de se lever si elle ne trouvait pas moyen de l'utiliser, de la mater, de la transmettre.
Issue de la tradition orale, elle a entendu tant d'histoires qu'elle n'a finalement jamais eu d'autre choix que d'en raconter à son tour.
Elle souhaite, si les conditions le permettent, finir ses jours à la campagne.



Quand un vicomte rencontre un autre vicomte, qu'est-ce qu'y s'racontent? Des histoires de vicomtes » dit la chanson. La littérature clame l'inverse. Elle voudrait qu'aux vicomtes, on raconte des histoires de marins, aux mineurs des histoires de sages-femmes, aux fermières des histoires de ministres. L'éternelle question du sujet, celle à laquelle l'auteur cherche toujours à échapper, n'en finit pas de se poser.
Alors comment faire quand ce fameux sujet appartient au domaine de l'indicible?
Dans Le remplaçant, j'écris l'histoire de mon grand-père, qui ne devrait donc intéresser que mes proches. Je fais néanmoins le pari que quelque chose, dans son histoire mérite d'être entendu par un cercle plus large. Mon grand-père est un survivant de la Shoah. Né juif en 1911 dans une bourgade de Moldavie, il aurait dû, comme la plupart de ses voisins, de ses amis, de ses frères, être assassiné dans un camp d'extermination. Il a échappé à la catastrophe.
Mais peut-être devrais commencer par expliquer que mon grand-père, celui sur lequel j'écris, n'est pas le père de ma mère. C'est un grand-père de remplacement, l'homme avec qui ma grand-mère, la vraie, a choisi de vivre après la guerre, alors que son mari avait disparu à Auschwitz.
Ainsi le récit s'infléchit-il dès le commencement. Pour parler de la Shoah, je choisis un personnage qui ne l'a pas subie. D'ailleurs cette expression, « parler de la Shoah » sonne creux et faux.
Comment en parler, comment l'écrire? Le voilà le sujet impossible car ceux qui l'ont vécue en sont morts et ne sont donc plus là pour en parler ou pour en écouter le récit. Que deviennent les histoires de vicomtes une fois qu'on leur a coupé la tête?
Je plaisante et c'est exprès, car c'est un des seuls moyens que j'aie trouvé pour aborder les rivages les plus morbides. L'humour permet d'effectuer le détour nécessaire.
On a tendance à surestimer la faculté de compréhension, à penser que ce n'est qu'une question d'intelligence, mais, bien souvent c'est le surplus ou l'absence d'affect chez le lecteur qui détermine l'intelligibilité d'un texte.

Agnès De Sarthe

2007 Lauréat : Didier Van Cauwelaert pour "Le père adopté" (Editons Albin Michel)

Le Prix Marcel Pagnol 2007 a été remis le 6 juin à Didier Van Cauwelaert pour "Le père adopté" aux Editons Albin Michel lors d’une soirée au Fouquet’s dans le Salon "Raimu" où Pagnol aimait réunir ses amis.
Pour fêter l’événement Frédéric Pagnol fils de Marcel et de Jacqueline Pagnol était entouré de Nicolas, Louis-Laurent et du petit Maxime respectivement petits-fils et arrière petit-fils de l’écrivain. Didier Van Cauwelaert a exprimé ses remerciements et son émotion, en rappelant les rendez-vous qu’il avait jusque-là manqués avec Marcel Pagnol : d’abord avec l’adaptation des Souvenirs d’enfance qu’il n’avait pu réaliser à l’époque ainsi que dernièrement avec le livret de Marius et Fanny de Vladimir Cosma (dont la première aura lieu le 4 septembre  l’Opéra de Marseille)... Des retrouvailles donc que le Prix Marcel Pagnol vient couronner...
Le monde de la presse et de l’édition (Bernard de Fallois l’éditeur emblématique de Marcel Pagnol mais aussi Michel Lafon…) a cotoyé celui du cinéma (Vladimir Cosma , Claude Pinoteau...) et de la littérature (Michel Déon, Daniel Picouly, Guy Goffette...) ou encore les amis de la "grande famille Pagnol" avec notamment la présence de Mme Contandin, fille de Fernandel.
Une soirée brillante et sympathique  l’image de Marcel Pagnol.

Floryse Grimaud.

 

2008 Lauréat : Philippe Pollet-Villard pour "La Fabrique de souvenirs" (Flammarion)

Hier au soir dans le Salon Raimu du premier étage du Fouquet’s Champs Elysées était attribué le Prix Marcel Pagnol 2008. Il a couronné cette année le livre de Philippe Pollet-Villard « La Fabrique de souvenirs » publié aux Editions Flammarion.
Philippe Pollet-Villard signe là son deuxième roman après le succès de « L’homme qui marchait avec une balle dans la tête » (Flammarion 2006- J’ai lu 2008). Un livre consacré aux souvenirs d’enfance comme il se doit pour ce Prix Littéraire Marcel Pagnol.
Né à Annecy en 1960, Philippe Pollet-Villard nous entraîne en Haute-Savoie dans les années 70 dans une drôle de famille où le drame côtoie l’humour sous la plume sensible et « musicale » du narrateur.
Philippe Pollet-Villard a reçu son prix des mains de Jacqueline Pagnol en présence de M et Mme Frédéric Pagnol fils de Marcel Pagnol et de Nicolas Pagnol, petit-fils.
Daniel Picouly, président du Jury, a lu des extraits du livre lauréat et ainsi motivé le choix du Jury composé de : Karin Hann, Stéphanie Janicot, Claude Pujade-Renaud, Carole Tournay, Philippe Claudel, Gérard de Cortanze, Dominique Guiou, Alain Teulié et Floryse Grimaud qui a créé le Prix Marcel Pagnol en 2000 à Aubagne.
Rappelons que le Prix Marcel Pagnol a pour partenaires la Banque Neuflize OBC (qui le dote) et Le Fouquet’s (haut lieu parisien où Marcel Pagnol aimait venir et réunir ses amis…) qui l’accueille et le soutient depuis cinq ans.
La remise du Prix a réuni de nombreuses personnalités du monde de l’édition, de la presse, de la télévision et du cinéma…car Philippe Pollet-Villard a reçu en 2008 un César et un Oscar pour son court-métrage « Le Mozart des pickpokets ». C’était aussi l’occasion de présenter les « Carnets de cinéma » de Marcel Pagnol, retrouvés par Nicolas Pagnol, un recueil de textes inédits de Marcel Pagnol sur le cinéma (Editions de la Treille/Editions Privé).

Marcel Pagnol, Lauréat Prix Marcel Pagnol, Philippe Pollet-Villard