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Vivre comme dans une pièce de Marcel Pagnol, en s'émerveillant de la douceur du monde et en jouissant de la vie en communauté, « c'est précisément ce que fait le mouvement slow food! » Nicolas Pagnol, le petit-fils de l'écrivain et cinéaste, croit que le monde dépeint dans l'œuvre du célèbre écrivain provençal est encore bien vivant.

Le petit-fils de Marcel Pagnol, Nicolas Pagnol, assure que son grand-père n’a pas voulu écrire la Provence, qui est seulement un théâtre, mais plutôt ce que vivent les êtres humains.

Nicolas Pagnol n’a pas connu son grand-père, décédé un an après sa naissance, mais il connaît ses pièces de théâtre, ses films, ses romans et ses correspondances sur le bout des doigts. Afin de s’assurer que l’artiste ne sombre pas dans l’oubli, il s’est fait le « passeur de mémoire » de la vie et l’oeuvre de Marcel Pagnol.

Hier au soir dans le Salon Raimu du premier étage du Fouquet’s Champs Elysées était attribué le Prix Marcel Pagnol 2008. Il a couronné cette année le livre de Philippe Pollet-Villard « La Fabrique de souvenirs » publié aux Editions Flammarion.
Philippe Pollet-Villard signe là son deuxième roman après le succès de « L’homme qui marchait avec une balle dans la tête » (Flammarion 2006- J’ai lu 2008). Un livre consacré aux souvenirs d’enfance comme il se doit pour ce Prix Littéraire Marcel Pagnol.
Né à Annecy en 1960, Philippe Pollet-Villard nous entraîne en Haute-Savoie dans les années 70 dans une drôle de famille où le drame côtoie l’humour sous la plume sensible et « musicale » du narrateur.
Philippe Pollet-Villard a reçu son prix des mains de Jacqueline Pagnol en présence de M et Mme Frédéric Pagnol fils de Marcel Pagnol et de Nicolas Pagnol, petit-fils.
Daniel Picouly, président du Jury, a lu des extraits du livre lauréat et ainsi motivé le choix du Jury composé de : Karin Hann, Stéphanie Janicot, Claude Pujade-Renaud, Carole Tournay, Philippe Claudel, Gérard de Cortanze, Dominique Guiou, Alain Teulié et Floryse Grimaud qui a créé le Prix Marcel Pagnol en 2000 à Aubagne.
Rappelons que le Prix Marcel Pagnol a pour partenaires la Banque Neuflize OBC (qui le dote) et Le Fouquet’s (haut lieu parisien où Marcel Pagnol aimait venir et réunir ses amis…) qui l’accueille et le soutient depuis cinq ans.
La remise du Prix a réuni de nombreuses personnalités du monde de l’édition, de la presse, de la télévision et du cinéma…car Philippe Pollet-Villard a reçu en 2008 un César et un Oscar pour son court-métrage « Le Mozart des pickpokets ». C’était aussi l’occasion de présenter les « Carnets de cinéma » de Marcel Pagnol, retrouvés par Nicolas Pagnol, un recueil de textes inédits de Marcel Pagnol sur le cinéma (Editions de la Treille/Editions Privé).

Edition Originale

Œuvres complètes, Club de l'Honnête Homme, 1970.
Ecrit vers 1913.

Préface

"Aux temps lointains de mon adolescence sur les bancs du vieux lycée de Marseille, je composais des poésies. Presque tous les écrivains ont commencé par là. (...) J'empruntai à la bibliothèque du lycée un recueil des élégiaques latins composé par monsieur Arnauld, professeur de première de notre lycée. J'y découvris Properce, Tibulle, Ovide, Catulle. J'étais un assez bon latiniste, car je parlais le provençal avec mon grand-père et mes amis du village de La Treille, près d'Aubagne. Cette langue est beaucoup plus proche du latin que le français. (...). Il me fut donc aisé de traduire les élégiaques dont la lecture m'enchanta. Je fus émerveillé et très ému par Catulle et ses amours avec Lesbie, dont il dit qu'elle se prostitue pour un quart d'as, c'est-à-dire pour quelques sous. J'ai travaillé longuement à cet ouvrage que j'ai recommencé cinq ou six fois. La pièce par elle même ne vaut pas grand-chose, si ce n'est que le lecteur y trouvera peut-être quelques beaux vers. Mais cette entreprise manquée eut pour moi une très grande importance, parce que c'est en y travaillant pendant des années que j'ai pris goût à l'art dramatique, et c'est par une sorte de reconnaissance pour le jeune homme pauvre que je fus, et à qui je dois presque tout, que j'ai voulu lui faire l'honneur d'avoir sa place dans ces beaux livres."

Résumé

Catulle, jeune poète latin, aime passionnément Clodia, une courtisane. Celle-ci s'éprend de lui mais, légère et frivole, elle le trompe. Puis, lorsqu'un jour Catulle tombe malade, elle s'en lasse bien vite. Elle le quitte alors pour un de ses amis : Coelius. Le poète, le cœur brisé, regrette le temps dédié à Clodia plutôt qu'à la poésie et à sa renommée. Bafoué et affaiblit, il en meurt.

CATULLE, il frissonne.
J'ai peur ; j'ai gaspillé ma vie...
A cette passion elle fut asservie,
Seul, je vais comparaître au juge souverain...
Calvus, pourrai-je avoir un front calme et serein ?
Convive de festins, auteur de vers futiles, Qu'ai-je donc fait de grand, d'honorable ou d'utile ?
Mon génie... Ah, les dieux me l'avaient confié...
Calvus, Calvus, a-t-il vraiment fructifié ?
Le soir tombe... J'arrive au bout de la colline
Et je vois à mes pieds la pente qui décline,
Et je jette un regard d'effroi sur mon passé...
Quand je serai parti, qu'aurai-je donc laissé ?
Ah ! Quelle lourde et quelle étouffante agonie !
Calvus, je meurs stérile et j'avais du génie !
Je pars comme un enfant, bercé de ta pitié,
Et j'étais le poète, et je meurs tout entier !

CALVUS
Ce n'est pas vrai... Car tu vivras dans les mémoires...
Ton oeuvre d'autrefois peut suffire à ta gloire...
Et tes vers amoureux traverseront les temps...

Catulle a regardé derrière lui. Il saisit le bras de Démétrius, et, tremblant, il lui dit à voix basse.

CATULLE
Elle est là... Tu l'entends ?

DEMETRIUS, effaré.
Que dit-il ?

CATULLE
Tu l'entends ?
Elle rit... La vois-tu ? Quels longs gestes avides...
Elle sait qu'elle va m'emporter les mains vides,
Elle sait qu'elle va m'emporter, moi, vaincu,
Moi qui meurs à trente ans et qui n'ai pas vécu..."

Comédie en deux parties et dix tableaux.
Théâtre des Variétés (1946).

Principaux interprètes à la création

Henri Vilbert - César
Alibert - Marius
Raymond Pellegrin - Césariot
Arius - Panisse
Orane Demazis - Fanny
Margueritte Chabert - Honorine
Maupi - Le chauffeur
Milly Mathis - Claudine

Résumé

Panisse est mourant. Vingt ans ont passé depuis son mariage avec Fanny. Avant de s'éteindre, il confie à son ami Elzéar, le curé, une lettre à remettre à Fanny, après sa mort. Puis, il demande à Césariot, leur fils rappelé à son chevet, de veiller sur sa mère. Plus tard, pour respecter les dernières volontés de son mari, Fanny apprend à Césariot que Panisse n'était pas son vrai père et qu'il est en réalité le fils de Marius. Ce dernier travaille maintenant dans son garage, à Toulon, avec un associé, individu peu recommandable qui, pour plaisanter, fournit à Césariot de bien mauvais renseignements sur son père.
Césariot met en garde Fanny quand il lui parle de Marius pour qui il éprouve, malgré tout, une sympathie grandissante. Lorsqu'il viendra voir son père, César, Marius trouvera les mots pour convaincre Fanny qu'il n'a jamais cessé de l'aimer.

HONORINE
Quand on s'est bien confessé, et bien repenti, ça va au paradis.

CÉSAR
Oui, peut-être. Mais moi, il y a une idée qui me tracasse :
le Bon Dieu d'Elzéar, - le nôtre, enfin - si ça N'ÉTAIT PAS LE VRAI ?

ESCARTEFIGUE (épouvanté)
Oh, couquin de Diou !

HONORINE (scandalisée)
Mais qu'est-ce-que vous dites ?

CÉSAR
Je veux dire que je connais des musulmans, des hindous, des chinois, des nègres. Leur Bon Dieu, ce n'est pas le même, et ils ne font pas comme nous !...
Nous, nous avons des péchés que chez eux c'est une bonne action, et vice versa... Peut-être qu'ils ont tort, remarquez bien... Seulement ils sont des millions de milliasses... S'ils avaient raison, Monsieur Brun ?

M. BRUN
Il est certain que la question peut se poser.

CÉSAR
Le pauvre Honoré est tout préparé, bien au goût du Bon Dieu d'Elzéaz. Et si, en arrivant au coin d'un nuage, il se trouve en face d'un Bon Dieu à qui on ne l'a jamais présenté ? Un Bon Dieu noir, ou jaune, ou rouge ? Ou un de ces Bons Dieux habillés en guignol, comme on en voit chez l'antiquaire, ou celui qui a le gros ventre ?
Ou bien celui qui a autant de bras qu'une esquinade ?
Le pauvre Panisse, qu'est-ce-qu'il va lui dire ? En quelle langue ?
Avec quels gestes ? (À Escartefigue) Tu te vois, toi, déjà fatigué par ta mort, et tout vertigineux de ton voyage, en train de t'expliquer avec un Dieu qui ne te comprend pas ? Et tu as beau lui faire des prières, il te dit :
"Quoi ? Comment ? Qu'est-ce que vous dites ?"
Et il te le dit en chinois ?

ESCARTEFIGUE
Situation terrible. Là, tu me donnes le grand frisson. (Il boit.)

HONORINE (en colère)
Taisez-vous, grand mécréant. Et la Sainte Bible, alors, c'est des mensonges ? Et les Évangiles ? Vous n'avez pas honte de dire des choses pareilles devant l'enfant de chœur ?

CLAUDINE (sarcastique)
Si vous alliez un peu plus souvent à l'église, au lieu de boire tant de pastis, vous sauriez qu'il n'y a qu'un Bon Dieu !
Et ce Dieu, c'est le nôtre.

CÉSAR
Oui, évidemment, le bon, c'est le nôtre. Mais alors, sur la terre, il y a beaucoup de gens qui sont couillonnés. Ça me fait de la peine pour eux. N'est-ce pas, Monsieur Brun ?

C’est sous forme d’une fausse conférence mais d’un vrai spectacle que Christian Guérin dévoile sa passion pour Marcel Pagnol pour nous la rendre palpable, savoureuse, appétissante. Destins croisés d’un petit auteur de province et de l’un des plus grands comédiens du XXè siècle. À moins que ce ne soit l’inverse...

La production

Producteur : Europa Film.
Directeur de production : Raymond Boulay.
Scénario : d'après la pièce de Marcel Pagnol et Paul Nivoix.
Réalisation : Roger Lion.
Images : Enzo Riccioni, Coutelain, François Franchi.
Décris : Armand Bonamy.
Distribution : Films P.J. de Venloo .
Première corporative : novembre 1932.
Première publique : début 1933.
Durée : 1 h 13.

Les interprètes

Antoine Arnaudy - Cassebois, manager
Jacques Maury - Kid Marc
Gustave Libeau - Golding
Nicole Ray - Clairette
Suzanne Rissler - Regina

L'histoire

Kid Marc, honnête boxeur, est victime de son manager véreux, Cassebois, et d'une "cocotte". Sa cousine, Clairette, réussit par son amour désintéressé à l'arracher à ce milieu.
Il s'enfuit avec elle.

"J'écrivais à ce moment-là, en même temps, "TOPAZE" et "MARIUS", car, par une maladie de l'esprit, il me faut écrire deux œuvres à la fois." Marcel Pagnol

 

Ulysse chez les Phéaciens, (en collaboration avec Arno Charles Brun). Pièce en vers, inédite à la scène.

Catule, Drame en vers, inédit à la scène.

Tonton, ou Joseph veut rester pur, (en collaboration avec Paul Nivoix). Vaudeville sous le pseudonyme de Castro.
Marseille, théâtre des variétés, le 30 août 1923.

Un direct au cœur, (en collaboration avec Paul Nivoix). Comédie. Lille, théâtre de l'Alhambra, mars 1926.

Les Marchands de gloire, (en collaboration avec Paul Nivoix). Comédie satirique en cinq actes.
Paris, théâtre de la Madeleine, 15 avril 1925.

Jazz, (premier titre : Phaéton). La Petite Illustration, avril 1927 Comédie satirique en quatre actes.
Monte Carlo, Grand Théâtre, 9 décembre 1926.
Paris, théâtre des Arts, 21 décembre 1926.

Topaze, Comédie satirique en quatre actes.
Paris, théâtre des Variétés, 9 octobre 1926.

Marius, Comédie en trois actes et six tableaux.
Paris, Théâtre de Paris, 9 mars 1929.

Fanny, Comédie en trois actes et quatre tableaux.
Paris, Théâtre de Paris, 5 décembre 1931.

César, (version pour la scène). Comédie en trois actes
adaptée du film. théâtre des Variétés, 1946.

Judas, Tragédie en cinq actes.
Paris, Théâtre de Paris, 6 octobre 1955.

Fabien, Comédie en quatre actes.
Paris, théâtre des Bouffes Parisiens, 28 septembre 1956.

La femme du boulanger, (version pour la scène). Comédie en quatre actes adaptée du film.
Théâtre Mogador, 12 septembre 1985.

Écrits en fonction des circonstances, ou sous forme de différents articles compilés par la suite, voici, répertoriés, quelques textes de Marcel Pagnol, classés sous la rubrique "essais".
Dans ce chapitre sont présentés également le discours de réception à l'Académie Française, un certain nombre de préfaces faites par Marcel pour d'autres auteurs, ses propres préfaces rassemblées sous le titre "CONFIDENCES", le fameux "CINEMATURGIE DE PARIS" paru en plusieurs fois puis remanié par Pagnol pour ses Œuvres Complètes, des "INEDITS" présentés par son fils Frédéric et enfin quelques articles.

Cantini, essai. Marseille, Imprimerie Perrin, s.d. (1946).

Notes sur le rire, essai. Nagel, 1947.

Discours de réception à l'Académie Française, Fasquelle, 1947.

Critique des critiques, essai. Nagel, 1947.

Rapport sur les prix de vertu, essai. Imprimerie Firmin-Didot, 1956.

Ambrogiani, essai, Presses artistiques, 1961.

Confidences, essai et préfaces. Julliard, 1981.

Inédits, textes sélectionnés et présentés par Frédéric Pagnol.
Vertige du Nord/Carrère, 1986.

Cinematurgie de Paris, Première version in Les Cahiers du film, décembre 1933 à novembre 1934. Extraits divers repris in Opéra (1945), Paris-Cinéma (1946), Anthologie du Cinéma, de Marcel Lapierre (1946), L'Art du Cinéma, de Pierre Lherminier, (1960). Texte remanié par l'auteur dans ses Œuvres complètes, tome III, Éd de Provence, 1967. Extraits in Cahier du cinéma, décembre 1965.

Le dramatruge, Livre d'or du cinéma français, 1945.

Mon ami René Clair, Cinémonde, 23 avril 1946.

L'Adieu à Raimu, L'Écran français, 3 octobre 1951.

Souvenirs sur Raimu, Le Figaro littéraire, 7 septembre 1963.

Carnets de Cinéma, Textes autobiographiques inédits retrouvés en 2007 et publiés en Mai 2008. Période couverte: 1933 - 1948.

Comédie en quatre actes.
Première représentation au théâtre des Bouffes-Parisiens (28 septembre 1956).

Préface

"L'héroïne de cette histoire, je l'ai connue chez mon ami Jacques Théry, dont elle était la cuisinière. C'était une femme d'un très grand volume, avec un beau visage, éclairé par un joli sourire de jeune fille.
Appelons-la Milly, parce que c'est le nom que je lui ai donné dans ma pièce. Elle me raconta un jour son histoire.
A vingt ans, elle avait épousé Fabien, qui était un photographe de foires et de marchés. Selon ses dires, c'était un jeune homme d'une beauté incomparable, d'une intelligence éblouissante, qui savait tout et le reste. C'était de plus un grand artiste, qui faisait des photographies extraordinaires. Malheureusement, il était atteint d'une sorte de maladie qui s'appelle "l'allergique", c'est à dire qu'il ne pouvait pas supporter l'odeur de l'hydroquinone, ou de l'hyposulfite. C'est pourquoi il avait enseigné à Milly la technique du développement et du tirage des photographies, et c'était elle qui faisait tout le travail de laboratoire.
Levée à cinq heures du matin, elle courait de la chambre noire à la cuisine, pendant qu'il dormait jusqu'à midi, à cause de cet "allergique". Leur affaire marchait fort bien, lorsque la petite sœur de Milly, élevée par un oncle devenu libidineux, vint se réfugier chez eux. Elle avait dix-sept ans, et elle était fort jolie.
La généreuse Milly ne la repoussa pas, et Fabien, qui était un homme de cœur, déclara que c'était un cadeau du Bon Dieu à leur ménage sans enfant, et qu'il allait s'occuper d'elle comme de sa propre fille, si bien que trois mois plus tard la petite sœur avouait à Milly stupéfaite qu'elle était enceinte des œuvres de son nouveau papa.
Alors, après un violent désespoir, Milly fit ses bagages, et déclara :
- Puisque c'est elle qui a l'enfant, ta femme c'est elle.
Elle partit se placer comme cuisinière. Sur ses conseils, Fabien obtint le divorce pour "abandon du domicile conjugal."
Elle fut la marraine de l'enfant, et elle allait chez sa sœur tous les dimanches, leur faire la cuisine et développer quelques négatifs délicats.
Les trois personnages de cette aventure me parurent intéressants, et pendant les vacances, j'essayai d'en faire une comédie. Naturellement je fus amené à modifier certains détails.
Ainsi au lieu d'un photographe errant de foire en foire, je décidai d'installer le ménage à Luna-Park, dans un milieu que je connaissais assez bien, car le vaste parc d'attractions de la Porte Maillot appartenait à Léon Volterra, qui allait y passer la matinée, c'est-à-dire aux heures de fermeture : je l'y ai souvent accompagné.
(...)
D'autre part, lorsque j'eus écrit les trois premiers actes, je m'aperçus que les personnages que j'avais établis refusaient de participer au dénouement de la réalité; ils m'en imposèrent un autre, que j'acceptai sans discuter."

Principaux interprètes à la création

Milly Mathis - Milly
Philippe Nicaud - Fabien
Odile Rodin - Marinette
Jean Lefèvre - Le docteur

FABIEN
Dis-moi, ma belle grosse caille...
(Il voit la femme à barbe, et lui parle avec une grande amabilité.)
Bonjour, madame Lodoïska ! Je vous y prends, à papoter avec Milly !

LODOÏSKA
Où est le mal, monsieur Fabien ?

FABIEN
Il n'y a sans doute aucun mal ! Mais je suis absolument sûr que vous parliez d'amour !

MILLY
Et c'est vrai ! Puisque, quand tu es entré, je parlais de toi !

LODOÏSKA
Voilà une bonne épouse, monsieur Fabien ! Parler de son mari, pour elle, c'est parler d'amour !

FABIEN
Et pourtant nous avons cinq ans de... mariage !

MILLY
Qu'est-ce que c'est, cinq ans ? Dans vingt ans, dans trente ans, ça sera la même chose !

La production

Producteur : Films Marcel Pagnol.
Directeur de production : Roger Richebé.
Administration : Roland Tual et Dominique Drouin.
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol, d'après sa pièce.
Réalisation : Marc Allégret.
Assistants : Yves Allégret, Pierre Prévert et Eli Lotar.
Images : Nicolas Toporkoff, André Dantan, Roger Hubert, Georges Benoît et Coutelain.
Photographe de plateau : Roger Forster.
Script-girl : Françoise Giroud.
Décors : Gabriel Scognamillo.
Studios : Billancourt.
Extérieurs : Marseille.
Tournage : 15 juin-juillet 1932.
Son : William Bell.
Musique : Vincent Scotto (arrangements Georges Sellers).
Montage : Jean Mamy.
Distribution : Films Marcel Pagnol.
Première présentation publique : Paris (Marigny), octobre 1932.
Durée : 2 h.

Les interprètes

Raimu - César
Pierre Fresnay - Marius
Fernand Charpin - Panisse
Orane Demazis - Fanny
Alida Rouffe - Honorine
Robert Vattier - M. Brun
Auguste Mouries - Escartefigue
Milly Mathis - Tante Claudine Foulon
Maupi - Le chauffeur
Edouard Delmont - le docteur Félicien Venelle
Giovanni -...
Odette Roger -...
Annie Toinon -...
André Gide -...
Pierre Prévert -...

L'histoire

Marius est parti sur "La Malaisie", abandonnant le vieux César, son père, et Fanny, sa fiancée, qui porte leur enfant.
Panisse, un brave homme, épouse Fanny et adopte le petit Césariot qu'il aime comme un fils.
Mais un jour, Marius revient...

"Le cinéma et moi sommes nés le même jour, au même endroit..." Marcel Pagnol

"Je faisais tout : producteur, directeur des studios et des laboratoires, réalisateur, directeur des agences... J'habitais dans les studios. On mangeait à la cantine tous les jours. Quand on tournait, c'était une immense tablée : il y avait les acteurs, les techniciens, les machinistes..."
"Moi, je leur répétais : "Mes enfants, ne vous inquiétez pas ! Si ce n'est pas bon on refait". Cela ne coûtait pratiquement rien de refaire; ça ne coûtait que la pellicule... On ne risquait rien; on tournait, on projetait, on disait : "Non ce n'est pas bon" et on recommençait. Les machinistes assistaient aux projections, ils habitaient autour des studios ; notre cinéma était une chose familiale."

Filmographie de Marcel Pagnol

Marius, 1931
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Réalisation : Alexander Korda
Interprètes principaux: Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis...

Fanny, 1932
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Réalisation : Marc Allégret
Interprètes principaux: Raimu, Pierre Fresnay, Fernand Charpin...

Topaze (1ère version), 1932
Scénario et dialogues : Léopold Marchand d’après la pièce de Marcel Pagnol
Réalisation : Louis Gasnier
Interprètes principaux: Louis Jouvet, Marcel Vallée, Simone Héliard...

Direct au coeur, 1932
Scénario et dialogues : d’après la pièce de Marcel Pagnol et Paul Nivoix
Réalisation : Roger Lion, avec la participation d'Arnaudy
Interprètes principaux: Antoine Arnaudy, Jacques Maury, Gustave Libeau...

L'Agonie des aigles, 1933
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après la pièce d'Emile Augier
Réalisation : Roger Richebé
Interprètes principaux: Pierre Renoir, Jean Debucourt, Annie Ducaux...

Le Gendre de monsieur Poirier, 1933
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après la pièce d'Emile Augier
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Léon Bernard, Annie Ducaux, Jean Debucourt...

Jofroi, 1933
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol, d'après la nouvelle de Jean Giono
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Vincent Scotto, Annie Toinon, Henri Poupon...

L'Article 330, 1934
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après la pièce de Georges Courteline
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Robert Le Vigan, Jean d'Yd, Henri Darbrey...

Tartarin de Tarascon, 1934
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après Alphonse Daudet
Réalisation : Raymond Bernard
Interprètes principaux: Raimu, Fernand Charpin, Saint-Granier...

Angèle, 1934
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après Jean Giono
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Orane Demazis, Henri Poupon, Annie Toinon...

Le Premier Amour, 1934
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol

Merlusse, 1935
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Henri Poupon, André Pollack, Thomeray...

Cigalon, 1935
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Antoine Arnaudy, Henri Poupon, Madame Chabert...

Topaze (2ième version), 1936
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Antoine Arnaudy, Délia Col, Léon Brouzet...

César, 1936
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis...

Regain, 1937
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après Jean Giono
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Orane Demazis, Fernandel, Gabriel Gabrio...

Le Schpountz, 1938
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Fernandel, Orane Demazis, Fernand Charpin...

La femme du boulanger, 1938
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après Jean Giono
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Raimu, Ginette Leclerc, Charles Moulin...

Monsieur Brotonneau, 1939
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après de Flers et Caillavet
Réalisation : Alexandre Esway
Interprètes principaux: Raimu, Marguerite Pierry, Josette Day...

La fille du puisatier, 1940
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Raimu, Josette Day, Fernandel...

La prière aux Etoiles (film inachevé), 1941
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Pierre Blanchar, Josette Day, Julien Carette...

Arlette et l'Amour, 1943
Scénario et dialogues : Félix Gandera d'après sa pièce
Réalisation : Robert Vernay supervisé par Marcel Pagnol
Interprètes principaux: André Luguet, Josette Day, Andrée de Chauveron...

Naïs, 1945
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après Emile Zola
Réalisation : Raymond Leboursier supervisé par Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Fernandel, Jacqueline Bouvier, Henri Poupon...

La Belle Meunière, 1948
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d'après les lieders de Franz Schubert
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Tino Rossi, Jacqueline Pagnol, Raoul Marco...

Le Rosier de Madame Husson, 1950
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après Maupassant
Réalisation : Jean Boyer
Interprètes principaux: Bourvil, Pauline Carton, Jacqueline Pagnol...

Topaze (3ième version), 1950
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Fernandel, Marcel Vallée, Jacqueline Pagnol...

Manon des sources (1ère partie), 1952
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Jacqueline Pagnol, Raymond Pellegrin, Rellys...

Ugolin (2ième partie), 1952
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Jacqueline Pagnol, Raymond Pellegrin, Rellys...

Carnaval, 1953
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après Emile Mazaud
Réalisation : Henri Verneuil
Interprètes principaux: Fernandel, Jacqueline Pagnol, Mireille Perrey...

Les Lettres de mon moulin : L'elixir du père Gaucher, 1954
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après Alphonse Daudet
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Rellys, Robert Vattier, Christian Lude...

Les Lettres de mon moulin : Le secret de Maître Cornille, 1954
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après Alphonse Daudet
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Edouard Delmont, Pierrette Bruno, Roger Cruzet...

Les Lettres de mon moulin : Les trois messes basses, 1954
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après Alphonse Daudet
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Henri Vilbert, Marcel Daxely, René Sarvil...

La Terreur des dames, 1956
Scénario et dialogues : René Barjavel, Raymond Castans, d'après une nouvelle de Guy de Maupassant
Réalisation : Jean Boyer
Interprètes principaux: Noël Noël, Jacqueline Gauthier, Suzette Maïs...

La Dame aux Camélias (téléfilm), 1962
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d'après la pièce d'Alexandre Dumas fils
Réalisation : François Gir
Interprètes principaux: Gérard Barray, Christian Lude, Gilbert Baladou...

Les Lettres de mon moulin : Le curé de Cucugnan, 1967
Scénario et dialogues : Marcel Pagnol d’après Alphonse Daudet
Réalisation : Marcel Pagnol
Interprètes principaux: Fernand Sardou, Jean Panisse, Roger Cruzet...

Cinéaste

"Cinema and myself are born on the same day, at the same place..." Marcel Pagnol

"I used to be everything: producer, studios and laboratories manager, director, office manager... I lived in the studios. We would eat in the canteen everyday. On shooting times, the table was gigantic: actors, technicians, grips..."
"I would repeatedly tell them: "Don't worry, folks! If it is not good enough, we will do it again". It cost almost nothing to do it again; it only cost a new film stock... No risk was run; we would shoot, screen and say: "No, this is not good" and we would start over again. The grips used to attend the screenings, they lived around the studios; our filmmaking was a family thing."

Filmography

Marius, 1931
Script and dialogues : Marcel Pagnol
Direction : Alexander Korda
Main performers: Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis...

Fanny, 1932
Script and dialogues : Marcel Pagnol
Direction : Marc Allégret
Main performers: Raimu, Pierre Fresnay, Fernand Charpin...

Topaze (1st version), 1932
Script and dialogues : Léopold Marchand after Marcel Pagnol's play
Direction : Louis Gasnier
Main performers: Louis Jouvet, Marcel Vallée, Simone Héliard...

Direct au coeur ("Straight From The Heart"), 1932
Script and dialogues : after the play by Marcel Pagnol and Paul Nivoix
Direction : Roger Lion, with Arnaudy's contribution.
Main performers: Antoine Arnaudy, Jacques Maury, Gustave Libeau...

L'Agonie des aigles ("The Death Agony of the Eagles"), 1933
Script and dialogues : Marcel Pagnol after Emile Augier's play
Direction : Roger Richebé
Main performers: Pierre Renoir, Jean Debucourt, Annie Ducaux...

Le Gendre de monsieur Poirier ("Mr. Poirier"s Son-in-Law"), 1933
Script and dialogues : Marcel Pagnol after Emile Augier's play
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Léon Bernard, Annie Ducaux, Jean Debucourt...

Jofroi, 1933
Script and dialogues : Marcel Pagnol after short story by Jean Giono
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Vincent Scotto, Annie Toinon, Henri Poupon...

L'Article 330, 1934
Script and dialogues : Marcel Pagnol after Georges Courteline's play
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Robert Le Vigan, Jean d'Yd, Henri Darbrey...

Tartarin de Tarascon, 1934
Script and dialogues : Marcel Pagnol after book by Alphonse Daudet
Direction : Raymond Bernard
Main performers: Raimu, Fernand Charpin, Saint-Granier...

Angèle, 1934
Script and dialogues : Marcel Pagnol after book by Jean Giono.
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Orane Demazis, Henri Poupon, Annie Toinon...

Le Premier Amour ("First Love"), 1934
Script and dialogues : Marcel Pagnol

Merlusse, 1935
Script and dialogues : Marcel Pagnol
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Henri Poupon, André Pollack, Thomeray...

Cigalon, 1935
Script and dialogues : Marcel Pagnol
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Antoine Arnaudy, Henri Poupon, Madame Chabert...

Topaze (2nd version), 1936
Script and dialogues : Marcel Pagnol
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Antoine Arnaudy, Délia Col, Léon Brouzet...

César, 1936
Script and dialogues : Marcel Pagnol
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis...

Regain ("Harvest"), 1937
Script and dialogues : Marcel Pagnol after book by Jean Giono
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Orane Demazis, Fernandel, Gabriel Gabrio...

Le Schpountz, 1938
Script and dialogues : Marcel Pagnol
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Fernandel, Orane Demazis, Fernand Charpin...

La femme du boulanger ("The Baker's Wife"), 1938
Script and dialogues : Marcel Pagnol after book by Jean Giono
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Raimu, Ginette Leclerc, Charles Moulin...

Monsieur Brotonneau, 1939
Script and dialogues : Marcel Pagnol after book by de Flers and Caillavet
Direction : Alexandre Esway
Main performers: Raimu, Marguerite Pierry, Josette Day...

La fille du puisatier ("The Well Digger's Daughter"), 1940
Script and dialogues : Marcel Pagnol
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Raimu, Josette Day, Fernandel...

La prière aux Etoiles (unfinished film), 1941
Script and dialogues : Marcel Pagnol
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Pierre Blanchar, Josette Day, Julien Carette...

Arlette et l'Amour, 1943
Script and dialogues : Félix Gandera after his own play
Direction : Robert Vernay supervised by Marcel Pagnol
Main performers: André Luguet, Josette Day, Andrée de Chauveron...

Naïs, 1945
Script and dialogues : Marcel Pagnol after short story by Emile Zola
Direction : Raymond Leboursier supervised by Marcel Pagnol
Main performers: Fernandel, Jacqueline Bouvier, Henri Poupon...

La Belle Meunière, 1948
Script and dialogues : Marcel Pagnol after song cycles by Franz Schubert
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Tino Rossi, Jacqueline Pagnol, Raoul Marco...

Le Rosier de Madame Husson, 1950
Script and dialogues : Marcel Pagnol after book by Maupassant.
Direction : Jean Boyer
Main performers: Bourvil, Pauline Carton, Jacqueline Pagnol...

Topaze (3rd version), 1950
Script and dialogues : Marcel Pagnol
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Fernandel, Marcel Vallée, Jacqueline Pagnol...

Manon des sources ("Manon of the Spring") (1st part), 1952
Script and dialogues : Marcel Pagnol
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Jacqueline Pagnol, Raymond Pellegrin, Rellys...

Ugolin (2nd part), 1952
Script and dialogues : Marcel Pagnol
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Jacqueline Pagnol, Raymond Pellegrin, Rellys...

Carnaval, 1953
Script and dialogues : Marcel Pagnol after book by Emile Mazaud
Direction : Henri Verneuil
Main performers: Fernandel, Jacqueline Pagnol, Mireille Perrey...

Les Lettres de mon moulin ("Letters From My Windmill"): L'elixir du père Gaucher ("The Elixir of Father Gaucher"), 1954
Script and dialogues : Marcel Pagnol after book by Alphonse Daudet
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Rellys, Robert Vattier, Christian Lude...

Les Lettres de mon moulin ("Letters From My Windmill"): Le secret de Maître Cornille ("The Secret of Master Cornille"), 1954
Script and dialogues : Marcel Pagnol after book by Alphonse Daudet
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Edouard Delmont, Pierrette Bruno, Roger Cruzet...

Les Lettres de mon moulin ("Letters From My Windmill"): Les trois messes basses ("The Three Low Masses"), 1954
Script and dialogues : Marcel Pagnol after book by Alphonse Daudet
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Henri Vilbert, Marcel Daxely, René Sarvil...

La Terreur des dames, 1956
Script and dialogues : René Barjavel, Raymond Castans, after a short story by Guy de Maupassant
Direction : Jean Boyer
Main performers: Noël Noël, Jacqueline Gauthier, Suzette Maïs...

La Dame aux Camélias ("The Lady of the Camellias") (TV film), 1962
Script and dialogues : Marcel Pagnol after the play by Alexandre Dumas junior
Direction : François Gir
Main performers: Gérard Barray, Christian Lude, Gilbert Baladou...

Les Lettres de mon moulin ("Letters From My Windmill"): Le Curé de Cucugnan ("The Priest of Cucugnan"), 1967
Script and dialogues : Marcel Pagnol after book by Alphonse Daudet
Direction : Marcel Pagnol
Main performers: Fernand Sardou, Jean Panisse, Roger Cruzet...

Pièce en quatre actes.
Première représentation unique au Grand Théâtre de Monte Carlo (9 décembre 1926), et reprise immédiate à Paris au théâtre des Arts (21 décembre 1926). La pièce a été publiée en librairie sous son premier titre : Phaéton.

Edition Originale

Paris, l'illustration, 1937, sous le titre Phaéton.
Paris, Fasquelle, 1954, sous le titre Jazz.

Principaux interprètes à la création

Harry Baur - Blaise
Pierre Blanchar - Le jeune homme
Marc Valbel - Stéfanovitch
Orane Demazis - Cécile

Résumé

Blaise est un véritable érudit qui a consacré les meilleures années de sa vie à une œuvre qu'il croyait importante, puis qui découvre trop tard la vanité de ses travaux, l'inutilité de son sacrifice, et qui essaie en vain de vivre sa jeunesse, quand il n'est plus temps.

Ah ! le corps ! l'allégresse des jeunes courbes, l'harmonie facile des mouvements !
Ô mes amis, il y avait plus d'intelligence et de poésie dans la cheville d'une vierge que sous le crâne enflé de Sully Prudhomme.
S'il en est parmi vous qui soient incapables de vivre, que ceux-là continuent ces études, qu'ils deviennent professeurs, avocats, écrivains ; après tout, ma culture littéraire est un moyen d'existence autorisé par la loi, et il faut bien quelques lampistes par le monde... Mais qu'ils sachent que réparer les lampes, ce n'est pas le but dans la vie. C'est un métier.
Le but de la vie est ailleurs, et toutes les joies qu'elle nous offre sont en notre chair. Quant aux autres, je leur dis ceci : si vous pouvez forger une pioche, bâtir un mur, pétrir un pain, allez et travaillez, et faites quelque chose d'utile.

Pour la première fois révélées au grand jour, les lettres de Marcel Pagnol à ses proches, à Jean Giono, Georges Simenon, Albert Cohen...

On le sait, Pagnol a toujours été un grand tendre, doublé d'un grand pudique. Les correspondances exhumées par Nicolas, son petit-fils, nous dévoilent ainsi un pan de vie qu'il avait tenu à l'abri des regards. Dans ses Souvenirs d'enfance, il nous avait accueillis à Marseille, au sein de sa famille, et nous avait présenté Joseph, son instituteur de père, et le petit Paul, son frère : à présent, tous deux observent leur Marcel (devenu grand) triompher à Paris, au théâtre. Plus tard, marié à la belle Jacqueline, il écrit lui-même à son fi ls, toujours attentif, inquiet parfois. La mort lui a pris déjà tant d'êtres chers. Chez Marcel, l'intime est littéraire et le littéraire devient intime lorsqu'il s'adresse à Jean Ballard, avec lequel, à dix-huit ans, il fonda une revue, puis à Jean Giono, qu'il considère comme un génie. Autres correspondants, Georges Simenon et le fidèle Albert Cohen. Le premier est au sommet de sa gloire et le second travaille à son grand oeuvre – ni jalousie ni rivalité entre eux. Ils prophétisent la guerre atomique : Pagnol envisage son départ pour le Connecticut. En coulisses, Pierre Benoit intrigue pour qu'il soit reçu parmi les Immortels. Kessel évoque quelques soirées mémorables et Maurice Druon est ébloui par les romans tardifs... Lire ces correspondances, c'est partager la vie d'un homme et pénétrer le quotidien d'un créateur, comprendre l'histoire singulière d'une réussite à la française.

« Par le savant mélange de subtilité et de simplicité, de hauteur d'expression, de pureté de langue et d'amitié, d'humour, de tendresse et de familiarité qui est tout son style, Pagnol nous parle comme à l'oreille. » Philippe Caubère.

Nicolas PAGNOL et Thierry DEHAYES

Préface de Philippe CAUBÈRE

Le Papet et Ugolin n’auraient jamais imaginé qu’un homme de la ville vienne s’installer sur le terrain qu’ils convoitaient pour y cultiver des œillets. Un chef d’œuvre de Marcel Pagnol sublimement adapté.

Pièce en cinq actes.
Première représentation au Théâtre de Paris (6 octobre 1955).
Pagnol livre, dans sa pièce de théâtre "JUDAS", une version personnelle de cette histoire qu'il considère comme un mystère.

Edition Originale

Monte-Carlo, Pastorelly, 1955.

Préface

"Le personnage de Judas, c'est celui du traître dans la divine tragédie de la Révélation, dont le dernier acte est la Passion. Il est considéré depuis des siècles comme le plus grand criminel de tous les temps. En réalité, que savons-nous de lui ?
Les Evangiles n'en disent presque rien jusqu'au souper de Béthanie. Ce qui parait certain, c'est qu'il était jeune, qu'il était beau, qu'il avait une famille, et que son père s'appelait Simon. On croit aussi qu'il était potier. C'est Jésus lui-même qui le choisit pour être l'un des douze apôtres, et qui lui confia la bourse de la communauté : c'est-à-dire que Judas fut l'intendant de la petite troupe de vagabonds, et le premier serviteur du Messie. Du point de vue spirituel, il reçut les mêmes pouvoirs que ses frères. Il enseigna les foules, il donna le baptême, chassa les démons, guérit des malades, et suivit le Maître dans ses prédications errantes, dans les villes, les villages, à travers les montagnes et les déserts.
Pourtant, c'est un fait historique qu'il conduisit les soldats jusqu'au campement de son Maître, qu'il le dénonça par un baiser, et qu'il reçut, pour prix de ses services, trente deniers.
Puis, après la réussite de sa trahison, il jette le prix du sang, et va se pendre. Du point de vue policier, des spécialistes (dont un juge d'instruction) m'ont dit :
"C'est une affaire qui ne tient pas debout, et il doit y avoir autre chose."

Principaux interprètes à la création

Raymond Pellegrin - Judas
Jean Servais - Phocas
Jean Chevrier - Ponce Pilate
Marcel Daxely - Le centurion
Jean Hervé - Caïphe
Micheline Méritz - Rébecca
Suzanne Rissler - La mère
France Delahalle - Claudia

PILATE
...L'accusé est-il arrivé ?

UN ESCLAVE
Oui, seigneur. Le Messie est là.

PILATE
Qu'as-tu dit ?

L'ESCLAVE (gravement)
Seigneur, le Fils de Dieu est dans le prétoire, et le jugement est pour tout à l'heure.

PHOCAS (à l'esclave)
Tu connais ce charpentier ?

L'ESCLAVE
Non ! Je viens de le voir pour la première fois, mais je connaissais sa parole.

PILATE
Où l'as-tu entendue ?

L'ESCLAVE
C'est un marin du port qui m'avait répété la Bonne Nouvelle.
Mais il parlait pour rire et pour se moquer. Il ne comprenait pas le message, comme quelqu'un qui porterait une lettre sans l'ouvrir.
Moi, j'ai compris et je sais.

PILATE
Tu crois qu'il est le Roi des Juifs ?

L'ESCLAVE (avec ferveur)
Je crois que si je traverse d'un cœur pur les misères de cette vie, j'entrerai comme un homme libre au royaume de Jésus-Christ.

JUDAS
Amen ! Celui-ci a compris.

PILATE (à l'esclave)
Va-t'en.
L'esclave sort.

PHOCAS
Ces idées ont déjà fait du chemin.

MARPHURIUS
C'est comme les oreillons. Ça s'attrape.

PHOCAS
Et ça va vite. Surtout parmi le peuple et les esclaves.
En général, chez les gens mal nourris.

JUDAS
Celui qui ne pense qu'à nourrir sa chair ne prépare qu'un plus gros cadavre. Jésus est venu pour nourrir les âmes, et il méprise les biens de ce monde que personne n'emporte au ciel.

Deux serviteurs apportent la grande robe écarlate du juge.
Ils vont en revêtir Pilate pendant les répliques suivantes.

PILATE
Pourquoi as-tu voulu me voir ?

JUDAS
Parce que tu es un homme juste ! Je sais que cette nuit tu as dit aux prêtres : "Je ne trouve aucun crime chez cet homme."
J'ai donc pensé qu'il fallait t'avertir : ta mission est encore plus lourde que la mienne… Pilate, tu es en danger.

Un concept artistique unique en France : l'art des collines . La Compagnie « Dans la cour des Grands » porte, depuis 2008, le projet des Randonnées Théâtrales, créées en 1998 par la compagnie « Scène d’esprit ». Elle l’a développé et l'a fait évoluer jusqu'à sa forme artistique actuelle. En cela, nous suivons les pas de Marcel Pagnol qui a été parmi les premiers réalisateurs à sortir des studios de cinéma pour tourner ses films, dès les années 30… Revenir à la source, à l’humanité et l’universalité de l’œuvre, sortir les personnages de Pagnol des salles de théâtre et des livres pour les rendre à la vie réelle, à laquelle ils appartiennent : C’est la démarche artistique d’ultra réalisme qui nous anime.
Une expérience unique : vivre une oeuvre de l'intérieur.

Pour le jeune Marcel, c’est le moment des grands changements. Les vacances à la Bastide Neuve continuent, mais elles ne sont plus tout à fait les mêmes. Lili des Bellons doit travailler aux champs et les journées passées à courir dans la garrigue paraissent bien loin. Puis vient le temps de la rentrée, l’arrivée en sixième au lycée Thiers de Marseille, où le futur Académicien découvre un nouveau monde, « loin » de sa famille.

"À Marseille, je suis toujours enfant, à Paris, je suis vieux..." Marcel Pagnol

Marcel Pagnol naît à Aubagne, au 16 cours Barthélémy, à quelques kilomètres de Marseille où il part bientôt habiter avec ses parents.

Il y passe toute son enfance et son adolescence et fait ses études au lycée Thiers.

Pendant les vacances, son père loue, avec l'oncle Jules, une maison dans les collines, la fameuse "Bastide Neuve" au-delà du petit village de La Treille. Marcel demeure un Marseillais dans l'âme.

Nommé enseignant à Paris, quelques années plus tard, il y écrit ses premières pièces à succès. "Exilé" ainsi dans la capitale, il va retrouver et décrire Marseille dans "MARIUS". Marcel Pagnol vécut à Paris à plusieurs reprises. Mais le cinéma va le ramener vers le midi et vers ses "chères collines". Dès les années trente, il crée, à Marseille, ses laboratoires puis ses studios de cinéma.

En 1941, il veut faire une Cité du Cinéma dans la région et achète le Château de la Buzine. Il va y reconnaître le château de "l'effroi" qu'il évoquera plus tard dans le deuxième tome de ses "Souvenirs d'Enfance", "Le Château de ma Mère".

Il va aussi acheter le domaine de l'Étoile, à la Gaude, près de Cagnes pour se lancer en 1941 dans "la culture intensive des œillets" et éviter le STO (Servive du Travail Obligatoire) aux techniciens de ses studios revendus à la Gaumont. Par la suite, il y passera la plupart de ses vacances avec sa famille.

À la fin de la guerre, il se retire un temps dans sa propriété de la Sarthe, au moulin d'Ignières qu'il revendra vers la fin des années cinquante. Pour tourner "La Belle Meunière" avec Jacqueline Pagnol et Tino Rossi, Pagnol fera l'acquisition d'un vieux moulin à "La Colle-sur-Loup" dans l'arrière-pays niçois. Dès 1926, Marcel s'est pris d'affection pour la principauté de Monaco. En 1951, il décide de s'installer à Monte-Carlo auprès de son ami le prince Rainier. Il achète "La Lestra", magnifique villa du XIXe siècle située près de la baie. Marcel, Jacqueline, Frédéric et Estelle y vivent heureux jusqu'au début 1954. "C'est le plus beau temps de notre vie" écrira Pagnol. Puis, rappelé par l'Académie, Pagnol revient vers Paris et ouvre des bureaux rue Fortuny.

Il habite alors rue Jean Goujon, puis va bientôt acquérir un hôtel particulier au square de l'avenue Foch. C'est là qu'il va demeurer, auprès de Jacqueline, jusqu'à la fin de sa vie.

Cinéaste et écrivain illustre, l’académicien Marcel Pagnol (1895-1974) est un auteur incontournable du XXe siècle. Topaze, Marius, Fanny, La Femme du boulanger ou encore Manon des sources et La Fille du puisatier connaissent toujours un fort succès. Inspiré par son enfance dans les collines provençales, Marcel Pagnol a construit son œuvre sur les caractères et les sentiments de ses personnages.  Pour la première fois, son petit-fils Nicolas Pagnol ouvre les archives privées de la famille : photographies, documents inédits, manuscrits et correspondances. Il fait revivre de grands moments du cinéma français et raconte avec tendresse l’histoire exceptionnelle de son grand-père, dont la vie privée fut jalonnée de joies mais aussi de drames. Marcel Pagnol l’écrivain, le cinéaste, le producteur, qui fut président du Festival de Cannes, fut aussi un chercheur solitaire passionné par les sciences et les inventions d’objets insolites.
Dans Marcel Pagnol, l’album d’une vie, Nicolas Pagnol nous livre, avec plus de quatre cents photographies, le parcours d’une personnalité hors du commun.
  • Hors collection - Biographies et mémoires
  • Paru le 27/09/2017
  • Genre : Cinéma, TV et spectacles
  • 232 pages - 200 x 239 cm
  • Couleur - Relié sous jaquette
  • EAN : 9782081413269
  • ISBN : 9782081413269

Marius

Pièce en quatre actes et six tableaux. Première représentation au Théâtre de Paris (9 mars 1929). Edition Originale - Paris, Fasquelle, 1931.

Principaux interprètes à la création

Raimu - César
Pierre Fresnay - Marius
Fernand Charpin - Panisse
Orane Demazis - Fanny
Alida Rouffe - Honorine
Paul Dullac - Escartefigue
Pierre Asso - Monsieur Brun
Maupi - Le chauffeur
Henri Vilbert - L'agent

Résumé

A force d'observer les grands voiliers qui font escale dans le Vieux-Port, en face du bar de son père César, Marius n'a plus qu'une obsession : partir. Cette envie est si forte qu'elle l'empêche de voir l'amour que lui porte Fanny, la petite marchande de coquillages qui tient éventaire sur la terrasse du Bar de la Marine. Ce n'est que lorsqu'un des clients, Maître Panisse, la serrera d'un peu trop près qu'il en prendra conscience. Pour garder Marius, Fanny se donnera à lui, mais en vain. Elle lui fera alors croire qu'elle en aime un autre. Mais la mer restera la plus forte et Marius embarquera sur "La Malaisie".

Exrtrais

CÉSAR
..Tu ne sais même pas doser un mandarin-citron-curaçao.
Tu n'en fais pas deux pareils !

MARIUS
Comme les clients n'en boivent qu'un à la fois,
ils ne peuvent pas comparer.

CÉSAR
Ah ! Tu crois ça ! Tiens le père Cougourde, un homme admirable qui buvait douze mandarins par jour, sais-tu pourquoi il ne vient plus ?
Il me l'a dit. Parce que tes mélanges fantaisistes risquaient de lui gâter la bouche.

MARIUS
Lui gâter la bouche ! Un vieux pochard qui a le bec en zinc.

CÉSAR
C'est ça ! Insulte la clientèle au lieu de te perfectionner dans ton métier ! Eh bien, pour la dixième fois, je vais te l'expliquer, le picon-citron-curaçao. (Il s'installe derrière le comptoir.) Approche-toi !
(Marius s'avance et va suivre de près l'opération. César prend un grand verre, une carafe et trois bouteilles. Tout en parlant, il compose le breuvage.) Tu mets d'abord un tiers de curaçao. Fais attention : un tout petit tiers. Bon. Maintenant, un tiers de citron. Un peu plus gros. Bon. Ensuite, un BON tiers de Picon. Regarde la couleur. Regarde comme c'est joli. Et à la fin, un GRAND tiers d'eau. Voilà.

MARIUS
Et ça fait quatre tiers.

CÉSAR
Exactement. J'espère que cette fois, tu as compris.
(Il boit une gorgée du mélange).

MARIUS
Dans un verre, il n'y a que trois tiers.

CÉSAR
Mais, imbécile, ça dépend de la grosseur des tiers !

MARIUS
Eh non, ça ne dépend pas.
Même dans un arrosoir, on ne peut mettre que trois tiers.

CÉSAR (triomphal)
Alors, explique moi comment j'en ai mis quatre dans ce verre.

MARIUS
Ça, c'est de l'arithmétique.

CÉSAR
Oui, quand on ne sait plus quoi dire, on cherche à détourner la conversation.

Pièce en quatre actes et six tableaux.
Première représentation au Théâtre de Paris (9 mars 1929).

Edition Originale

Paris, Fasquelle, 1931.

Principaux interprètes à la création

Raimu - César
Pierre Fresnay - Marius
Fernand Charpin - Panisse
Orane Demazis - Fanny
Alida Rouffe - Honorine
Paul Dullac - Escartefigue
Pierre Asso - Monsieur Brun
Maupi - Le chauffeur
Henri Vilbert - L'agent

Résumé

A force d'observer les grands voiliers qui font escale dans le Vieux-Port, en face du bar de son père César, Marius n'a plus qu'une obsession : partir. Cette envie est si forte qu'elle l'empêche de voir l'amour que lui porte Fanny, la petite marchande de coquillages qui tient éventaire sur la terrasse du Bar de la Marine. Ce n'est que lorsqu'un des clients, Maître Panisse, la serrera d'un peu trop près qu'il en prendra conscience. Pour garder Marius, Fanny se donnera à lui, mais en vain. Elle lui fera alors croire qu'elle en aime un autre. Mais la mer restera la plus forte et Marius embarquera sur "La Malaisie".

CÉSAR
..Tu ne sais même pas doser un mandarin-citron-curaçao.
Tu n'en fais pas deux pareils !

MARIUS
Comme les clients n'en boivent qu'un à la fois,
ils ne peuvent pas comparer.

CÉSAR
Ah ! Tu crois ça ! Tiens le père Cougourde, un homme admirable qui buvait douze mandarins par jour, sais-tu pourquoi il ne vient plus ?
Il me l'a dit. Parce que tes mélanges fantaisistes risquaient de lui gâter la bouche.

MARIUS
Lui gâter la bouche ! Un vieux pochard qui a le bec en zinc.

CÉSAR
C'est ça ! Insulte la clientèle au lieu de te perfectionner dans ton métier ! Eh bien, pour la dixième fois, je vais te l'expliquer, le picon-citron-curaçao. (Il s'installe derrière le comptoir.) Approche-toi !
(Marius s'avance et va suivre de près l'opération. César prend un grand verre, une carafe et trois bouteilles. Tout en parlant, il compose le breuvage.) Tu mets d'abord un tiers de curaçao. Fais attention : un tout petit tiers. Bon. Maintenant, un tiers de citron. Un peu plus gros. Bon. Ensuite, un BON tiers de Picon. Regarde la couleur. Regarde comme c'est joli. Et à la fin, un GRAND tiers d'eau. Voilà.

MARIUS
Et ça fait quatre tiers.

CÉSAR
Exactement. J'espère que cette fois, tu as compris.
(Il boit une gorgée du mélange).

MARIUS
Dans un verre, il n'y a que trois tiers.

CÉSAR
Mais, imbécile, ça dépend de la grosseur des tiers !

MARIUS
Eh non, ça ne dépend pas.
Même dans un arrosoir, on ne peut mettre que trois tiers.

CÉSAR (triomphal)
Alors, explique moi comment j'en ai mis quatre dans ce verre.

MARIUS
Ça, c'est de l'arithmétique.

CÉSAR
Oui, quand on ne sait plus quoi dire, on cherche à détourner la conversation.

Le théâtre Outremont rendait un hommage jeudi soir à Montréal, à l’œuvre du dramaturge et romancier Marcel Pagnol. Classiques de la littérature francophone, ses romans ont transcendé les frontières, l’établissant en réel ambassadeur et mythe de la culture française. Mais ce sont ses films aussi, dont la trilogie marseillaise La Gloire de mon père, La Fille du Puisatier, ou Manon Des Sources – pour ne citer qu’eux – qui ont fait de Pagnol la légende drôle et romantique qu’évoque son nom aujourd’hui.

"Quand tout fut achevé et qu'il eut rejoint le petit cimetière où il repose… Pour le public rien n'avait changé… Mais pour nous, ses amis, il en allait un peu autrement. Nous savions que nous ne pourrions plus téléphoner à six heures du soir, pour lui dire que nous allions passer le voir, ni l'écouter pendant des heures. Nous pensions à tant de soirées joyeuses, à son accueil, à ce sourire… Le poignant "jamais plus"… nous étreignait, et faisait autour de lui comme un grand silence...".Bernard de Fallois.

Marcel Pagnol fut toujours entouré de nombreux amis. Son charme, son humour, son intelligence séduisaient chaque personne.

Dès le lycée, il rencontra l'écrivain Albert Cohen qui resta un ami fidèle jusqu'à la fin. Marcel écrivait des lettres d'amour à sa place car Albert ne se sentait pas doué pour cet exercice.

Arrivé à Paris, il entra dans le cercle des écrivains dramaturges. Marcel Achard, futur auteur de nombreuses pièces à succès, fut son plus proche ami et ils se retrouvèrent plus tard à l'Académie Française. Louis Jouvet et Charles Dullin le parrainèrent à ses débuts.

Marcel Pagnol côtoya avec bonheur Jean Anouilh, Jean Cocteau, Maurice Druon, Maurice Genevoix, André Chanson, André Maurois, Henri Jeanson, Steve Passeur, Jean Dutourd ou Joseph Kessel.

Il eut également des relations, parfois tendues, parfois très amicales, avec Jean Giono dont il adapta plusieurs nouvelles à l'écran. Il aimait également les arts plastiques, et son amitié avec Dubout ou Dignimont dura toute leur vie.

Mais, naturellement, ses amis les plus nombreux se comptèrent parmi les gens de cinéma. Ce furent, bien sûr, Raimu et Fernandel, ainsi que les membres de sa troupe cinématographique : Robert Vattier, Édouard Delmont, Charles Blavette, Milly Mathis, Raymond Pellegrin, Henri Poupon qui apparaissent de façon régulière dans la quasi-totalité de ses films. Ce furent aussi ses amis musiciens : Vincent Scotto, qui composa la musique de beaucoup de ses films, Arthur Rubinstein, Tony Aubin et Tino Rossi.

Ses collaborateurs techniciens : comme la monteuse Suzanne de Troyes, le chef opérateur Willy Faktorovitch (à qui l'on doit le terme "SCHPOUNTZ"), le photographe de plateau Roger Corbeau, qui débuta sur le tournage du "GENDRE DE MONSIEUR POIRIER" et fit ensuite une carrière admirable auprès des plus grands réalisateurs.

Marcel Pagnol entretint une longue amitié avec Jean Renoir, René Clair, Henri Georges Clouzot, Henri Verneuil (qui tourna pour lui "CARNAVAL").

Les producteurs Roger Richebé, Jean Leduc, puis Alain Poiré l'épaulèrent avec amitié pour monter les films comme il le souhaitait. Mais ses amis se comptaient également dans de nombreux milieux. L'attachement de Marcel Pagnol à Monaco se traduisit par une relation fidèle jusqu'au dernier jour avec le prince Rainier.

Les plus grands journalistes fréquentèrent le grand salon de l'avenue Foch : Pierre Lazareff, Gaston Bonheur ou Raymond Castans. Enfin, il rencontra lors du tournage des "LETTRES DE MON MOULIN", le supérieur de l'abbaye de Frigolet, Norbert Calmels, qui devint plus tard l'Abbé Général des Prémontrés à Rome, et resta son ami dévoué, l'accompagnant jusqu'à ses derniers instants. Pour Marcel Pagnol, les amis avaient une place primordiale. Il leur fut fidèle et sa générosité de sentiments et sa bonté ne furent jamais contestées.

"Les bavards vous parlent des autres, les raseurs vous parlent d'eux-mêmes, mais ceux qui parlent de vous sont de brillants causeurs !"Marcel Pagnol

Presque tout ce qui a été dit...
Cette rubrique comporte les interviews de Marcel Pagnol, les chapitres qui lui sont consacrés dans divers ouvrages, dictionnaires, encyclopédies, histoires du cinéma. On y trouve aussi les albums, dossiers, numéros spéciaux, articles généraux sur Marcel Pagnol, des références et quelques films documentaires qui lui ont été dédiés.

Ils disent de lui...
Ses amis, ses proches, collaborateurs, techniciens, acteurs et comédiens, parlent de Marcel Pagnol, l'homme, l'auteur, l'ami fidèle, parfois avec humour et complicité, souvent avec chaleur et passion, toujours avec tendresse.

Né à Aubagne le 28 février 1895 de Joseph Pagnol et Augustine Lansot, Marcel Pagnol reçoit une éducation classique et républicaine teintée d’anticléricalisme. Fils d’instituteur, il se passionne très vite pour les lettres classiques et fonde à 19 ans la revue littéraire "FORTUNIO" où sont publiés notamment des critiques théâtrales et lyriques ainsi qu’un roman feuilleton "PIROUETTES".

En 1916, il entre dans l’enseignement. Il est nommé répétiteur à Digne, Pamier, Tarascon puis à Paris en 1922. Durant ses temps libres, il écrit des pièces en vers, des drames antiques.

Installé dans la capitale, le jeune auteur retrouve son ami Paul Nivoix avec qui il écrit en 1924 "LES MARCHANDS DE GLOIRE". La critique est élogieuse mais le succès n’est pas au rendez-vous. A cette époque, ses amis sont Marcel Achard, Henri Jeanson, Joseph Kessel. Ils se réunissent tous les soirs pour parler de leurs écrits.

En 1926, sa nouvelle pièce "JAZZ" est créée au théâtre de Monte-Carlo. Le public l’acclame ; sa carrière est lancée. Viendront par la suite trois des plus grands succès du théâtre français "TOPAZE" en 1928, "MARIUS" en 1929, "FANNY" en 1931. Cette année là, sa rencontre avec Bob Kane, directeur de Paramount France lui donne l’occasion de porter "MARIUS" à l’écran. Le succès est phénoménal, et le cinéma parlant en pleine expansion. Marcel Pagnol décide alors de créer sa société de production et d’abandonner le théâtre. Une page se tourne, il fonde ses propres studios à Marseille et un magazine "LES CAHIERS DU FILM" afin de diffuser sa conception de l’art cinématographique : Le dialogue doit primer sur l’image. Par ce biais, il instaure la suprématie de l’auteur sur le réalisateur. Ceci peut paraître anodin de nos jours, mais, dans les années trente, les théories du septième art étaient directement issue du cinéma muet et le réalisateur était tout puissant.

Il se consacre à ce nouveau moyen d’expression jusqu’en 1954, produit et réalise plus d’une vingtaine de films "FANNY", "TOPAZE", "ANGELE", "CESAR", "LA FILLE DU PUISATIER", "LA FEMME DU BOULANGER", "REGAIN", "MANON DES SOURCES", "NAÏS" etc... En 1946, il est le premier cinéaste élu à l’Académie Française. Il fréquente alors de plus en plus d’écrivains et se met à écrire en prose. Il commence avec ses souvenirs cinématographiques "CINEMATURGIE DE PARIS" puis par une attaque virulente contre les critiques "CRITIQUE DES CRITIQUES" et par un essai sur les mécanismes du rire "NOTES SUR LE RIRE".

En 1955, il met un terme à sa carrière cinématographique pour des raisons personnelles. Après un bref retour au théâtre avec "JUDAS" et "FABIEN", il se lance dans la rédaction de ses "SOUVENIRS D’ENFANCE" : "LA GLOIRE DE MON PERE" et "LE CHATEAU MA MERE". Puis vient "L’EAU DES COLLINES" composée de "MANON DES SOURCES" et "JEAN DE FLORETTE", suivent "CONFIDENCES", "LE TEMPS DES SECRETS". Il traduit "LES BUCOLIQUES" de Virgile et "LE SONGE D’UNE NUIT D’ETE" de Shakespeare, écrit un essai historique sur l’énigme du masque de fer. Enfin, il travaille sur le dernier tome de ses souvenirs d’enfance "LE TEMPS DES AMOURS" qu’il ne pourra finir.

Il s’éteint à Paris le 18 avril 1974.

Au regard de sa vie, il semble que le moyen d’expression importait peu à Marcel Pagnol. Seule la liberté de création l’intéressait. Ainsi, il quitta les contingences du théâtre pour la liberté de mise en scène que procurait la caméra. Puis, à une époque où réaliser un film était devenu trop fastidieux, il préféra sa plume sergent major, son encrier et une page blanche. Pour lui, le théâtre et le cinéma n’étaient que des arts mineurs, c'est-à-dire des outils au service de l’art dramatique, au même titre que le stylo n’est que l’outil de l’écrivain.

Ce refus de l’asservissement de la création par la technique le poussa dès 1933 à tourner en extérieur et à favoriser le naturel des situations et du jeu d’acteur. C’est pourquoi Roberto Rossellini et De Sica diront de lui qu’il était le père du néo-réalisme. Son œuvre est empreinte d’une compréhension hors du commun de l’être humain. Il ne condamne jamais ses personnages ni ne les juge. Chacun a sa chance, son histoire, les pires actions sont toujours pardonnées, l’homme n’est jamais maître de son destin. Le réalisateur Jean-Charles Tacchella définit le cinéma de Pagnol ainsi :
"C'est cela la leçon de Pagnol : en sortant d'un de ses films, on était heureux. Parfois même on se croyait meilleur."

Une des autres constantes de l’œuvre de Marcel Pagnol est son ancrage dans le sud de la France. Mais, déjouant les pièges du régionalisme, il fît de cette région le centre du monde en donnant à ses personnages et à ses thèmes une dimension universelle, tel Marius, jeune homme à la recherche de lui-même, appelé par l’ailleurs et retenu par l’amour, telle Fanny, sacrifiant sa vie pour faire le bonheur de l’homme qu’elle aime.

L’œuvre de Marcel Pagnol été adaptée dans le monde entier, en Egypte, en Chine et en Angleterre avec "TOPAZE", au Japon avec deux adaptations de "MARIUS", aux Etats-Unis avec "MARIUS" et "FANNY". Ses livres sont aujourd’hui traduits dans plus de dix langues et les écoles étrangères font étudier le français sur les textes des "SOUVENIRS D'ENFANCE" et de la "TRILOGIE".

Dramaturge, romancier, cinéaste, essayiste, pamphlétaire, historien mais aussi directeur de studios, d’agences de distribution, producteur, directeur de presse, il était surtout un homme curieux, éclairé sur toutes choses, à la manière d’un scientifique du siècle des lumières

C’est la première fois que l’on me remet un Prix. Je suis très fier et honoré de recevoir le Prix Charles Aznavour 2017. L’œuvre de cet immense artiste est profondément humaine, populaire et sentimentale, tout comme celle de Marcel Pagnol. Elle est la preuve, tout comme celle d’Albert Cohen que la France est un pays qui sait reconnaître le talent d’où qu’il vienne!
Merci à Richard Findykian Joseph Arakel.

"Voici que pour la première fois j'écris en prose... Par ma seule façon d'écrire, je veux me dévoiler tout entier, et si je ne suis pas sincère... J'aurai perdu mon temps à gâcher du papier." Marcel Pagnol

Ont été regroupés sous cette rubrique tous les textes en prose de Marcel Pagnol, à l'exception de ceux qui sont classés dans le chapitre "essayiste". On y retrouvera donc, prioritairement, les romans, mais aussi quelques nouvelles et les "Sermons de Marcel Pagnol" amicalement tirés de son œuvre et rassemblés par son ami le Révérend Père Norbert Calmels.

La Petite Fille aux yeux sombres, roman. Fortunio, 1921. Julliard, 1984, suivi des Secrets de Dieu, nouvelle. Préface de René Pagnol.

Pirouettes, roman. Fasquelle, 1932. Première version publiée
dans Fortunio sous le titre "Le Mariage de Peluque".

La Gloire de mon père, ("Souvenirs d'enfance", I).
Monte-Carlo, Pastorelly, 1957.

Le Château de ma mère, ("Souvenirs d'enfance", II).
Monte-Carlo, Pastorelly, 1957.

Le Temps des secrets, ("Souvenirs d'enfance", III).
Monte-Carlo, Pastorelly, 1959.

Jean de Florette, Premier tome de "L'EAU DES COLLINES".

Manon des sources, roman. Monte-Carlo, Pastorelly, 1962.
Paris, Éditions de Provence, 1963.

L'Infâme Truc et autres nouvelles., Julliard, 1984.

Les Sermons de Marcel Pagnol, rassemblés par le R.P Norbert Calmels. Robert Morel, 1968.

Le Temps de Amours, ("Souvenirs d'Enfance", IV). Julliard, 1977. Postface de Bernard de Fallois.

TOPAZE fut créé à Berlin avant d'être interprété par André Lefaur, à Paris, en 1928. La pièce fut dans la foulée présentée à Milan, Copenhague, Belgrade, Prague Amsterdam, Budapest, Odessa, Moscou, Zagreb. Son triomphe à Paris égala celui de Cyrano de Bergerac en 1897.
Comédie en quatre actes.
Première représentation au théâtre des Variétés (1928).

Principaux interprètes à la création

André Lefaur - Topaze
Marcel Vallée - Muche
Pierre Larquey - Tamise
Pauley - Castel Bénac
Jeanne Provost - Suzy Courtois
Liliane Garcin - Ernestine Muche

Résumé

Topaze et son ami Tamise sont tous deux professeurs dans un pensionnat dont le directeur a pour principal souci de ne pas déplaire aux riches parents de ses élèves. Or, c'est précisément la faute que commet Topaze en refusant de mettre une bonne note à un élève qui ne l'a pas méritée.
Il est congédié et se trouve contraint de solliciter des leçons particulières à domicile, ce qui le conduit chez Suzy Courtois, maîtresse d'un homme politique à la moralité douteuse, qui lui propose une place de secrétaire. En dépit de sa naïveté, il ne tarde pas à découvrir la véritable nature des affaires dont s'occupe son employeur et à prendre conscience du rôle d'homme de paille qui lui a été confié. Peu à peu, il réalise des opérations pour son propre compte, à l'insu de son patron qui s'en aperçoit trop tard : Topaze l'a surpassé et évincé par l'ampleur de ses trouvailles. Devenu riche et puissant, Topaze trouvera bien désuète la morale qu'il enseignait. Le brave Tamise, lui-même ébranlé dans ses convictions, sera bien près de basculer à son tour dans l'autre camp.

TOPAZE
..Pour réussir dans la vie, c'est-à-dire pour y occuper une situation qui corresponde à votre mérite, que faut-il faire ?

L'ÉLÈVE TRONCHE, réfléchit fortement.
Il faut faire attention.

TOPAZE
Si vous voulez. Il faut faire...
Attention à quoi ?

L'ÉLÈVE TRONCHE, décisif.
Aux courants d'air.
Toute la classe rit.

TOPAZE, il frappe à petits coups rapides sur son bureau pour rétablir le silence.
Élève Tronche, ce que vous dites n'est pas entièrement absurde, puisque vous répétez un conseil que vous a donné madame votre mère, mais vous ne touchez pas au fond même de la question.
Pour réussir dans la vie, il faut être... Il faut être ?
(L'élève Tronche sue horriblement, plusieurs élèves lèvent le doigt pour répondre en disant : "M'sieur, M'sieur...". Topaze repousse ces avances.)
Laissez répondre celui que j'interroge. Élève Tronche, votre dernière note fut un zéro. Essayez de l'améliorer... Il faut être ho... ho...

Toute la classe attend la réponse de l'élève Tronche.
Topaze se penche vers lui.

L'ÉLÈVE TRONCHE, perdu.
Horrible !
Éclat de rire général accompagné d'une ritournelle de boîte à musique.

TOPAZE, découragé.
Zéro, asseyez-vous. (Il inscrit le zéro.) Il faut être honnête.

La production

Producteur : Paramount.
Scénario et dialogues : Léopold Marchand, d'après la pièce de Marcel Pagnol.
Réalisation : Louis Gasnier.
Images : Fred Langerfeld.
Décors : René Renoux.
Première présentation publique : Paris, janvier 1933.
Durée : 1 h 25.

Les interprètes

Louis Jouvet - Topaze
Marcel Vallée - Monsieur Muche
Simone Héliard - Ernestine, sa fille
Pierre Larquey - Tamise
Pauley - Régis
Edwige Feuillère - Suzy
Maurice Rémy - Roger de Tréville
Jeanne Loury - Comtesse Pitart Vergnolles

L'histoire

Un instituteur timoré, persécuté par son directeur, trahit ses principes moraux pour une carrière heureuse et lucrative dans la prévarication et le chantage.